La fureur de vivre
Le 9 mars 2017
Un drame carcéral aride qui ne parvient jamais à décoller.


- Réalisateur : Claudio Giovannesi
- Acteurs : Valerio Mastandrea, Daphne Scoccia, Josciua Algeri
- Genre : Drame
- Nationalité : Italien
- Durée : 1h49mn
- Date de sortie : 22 mars 2017
- Plus d'informations : La page Facebook du film
- Festival : Festival de Cannes 2016

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Résumé : Daphné est une adolescente de 17 ans, frêle, jolie, paumée, qui survit dans le métro de Rome en braquant les usagers pour leur voler leur téléphone. Arrêtée, condamnée, elle atterrit dans une prison mixte pour mineurs. Elle y rencontre Josh, rebelle, romantique, à fleur de peau – comme elle. Au sein d’un univers répressif où tout contact entre filles et garçons est interdit, au rythme des conversations échangées d’une cellule à l’autre et des messages clandestins, Daphné et Josh tombent amoureux.
Notre avis : Le réalisateur, scénariste et compositeur italien Claudio Giovannesi s’intéresse de près à la jeunesse, à son impact sur la société et à la manière dont l’adolescence se déroule dans un monde parfois sévère et difficile pour des jeunes en manque de repères. Comment respecter les règles, les lois et l’autorité quand les figures parentales sont absentes et qu’un adulte en devenir se retrouve seul au monde, alors qu’il a besoin d’aide et de soutien ? L’adolescence compliquée et l’émancipation sont autant de thèmes qu’il avait déjà abordé dans son long-métrage Ali a les yeux bleus, qui suivait un jeune homme peu à peu livré à lui-même. Cette fois-ci, il explore l’adolescence confronté au régime carcéral, en mettant en scène une histoire d’amour à la Roméo et Juliette, façon barreaux et matons.
- Paradis Films
Fiore met en scène des délinquants juvéniles, condamnés pour de petits délits et dont les journées sont rythmées par l’ouverture et la fermeture des cellules, l’heure des promenades, la solitude des cellules, une série de règles très compliquées à respecter quand on a 17 ans, tout comme une longue liste d’interdictions qui régissent les journées mais aussi les nuits. C’est dans ce centre de détention pour mineurs que le réalisateur met en scène une histoire d’amour entre la narratrice du film, Daphné, dont le public suit le point de vue pendant tout le long métrage, et Josh, détenu comme elle. Les deux jeunes étant séparés au sein des quartiers pour garçons et filles, Daphné et Josh ne peuvent que se lancer des regards furtifs, se parler entre deux barreaux ou flirter comme ils le peuvent, faisant preuve d’une ingéniosité touchante propre à la jeunesse.
- Paradis Films
Le film s’attarde sur le premier amour dans un lieu où l’amour n’est pas interdit, mais déconseillé. Daphné, coupable face à la loi mais innocente face aux sentiments qu’elle ressent pour Josh, est touchante de timidité. Dommage que ce ne soit pas le cas aussi quand le film aborde ses délits. Car en faisant d’elle l’héroïne, le réalisateur a pris le risque de détourner le public et de le perdre dans le point de vue d’une jeune fille qu’il est bien difficile de plaindre, et encore plus de trouver sympathique. Si la jeunesse des détenus comme elle permet de contrecarrer la froideur des décors, elle ne permet pas d’excuser certains de leurs actes et loin de s’attacher aux personnages, le public aura vite tendance à les juger.
- Paradis Films
En s’appuyant sur des acteurs non professionnels, qui sont criants de naturel et de spontanéité, Claudio Giovannesi livre un film sincère, un véritable cri du cœur envers ces jeunes perdus qui ont besoin d’aide et de cadre, mais sans parvenir à susciter l’empathie chez le spectateur. Le portrait de Daphné, jeune fille amoureuse et femme en devenir, ne permet pas d’éloigner l’idée que si le public lambda tombait sur elle, il ne voudrait pas s’en faire une amie. Et quand le public a de l’aversion pour le personnage central d’un film, il décroche rapidement. Au point que Fiore, aussitôt vu risque d’être vite oublié.