En exclusivité au Festival Nouvelles d’Images d’Iran 2019
Le 9 décembre 2019
Villa Dwellers tente de reconstituer le conflit Iran-Irak, à travers le portrait de femmes qui habitent dans une villa au milieu du désert. Le propos ne parvient pas toujours à convaincre, à cause d’une mise en scène démonstrative et convenue, ainsi que des dialogues stéréotypés.


- Réalisateur : Monir Gheydi
- Genre : Drame, Film de guerre
- Nationalité : Iranien
- Distributeur : Farabi Cinema Foundation
- Durée : 1h40mn
- Titre original : Vilaie-Ha
- Date de sortie : 13 décembre 2019
- Festival : Festival Nouvelles Images d’Iran 2019

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Résumé : Au cours de la guerre Iran-Irak, certaines des familles des commandants des forces militaires iraniennes résidaient dans des villas près de la ligne du front. Aziz est une femme cinquantenaire qui avec ses petits-enfants entrent dans le complexe de villa dans l’attente de revoir son fils Davoud. Elias est un volontaire de guerre et chauffeur qui à chacune de ses arrivée dans le complexe crée un vent de panique car les résidants craignent qu’il soit porteur de la nouvelle de la mort sur le champs d’honneur de l’un des commandants. Peu de temps après, la belle-fille d’Aziz arrive de Téhéran avec l’intention d’emmener ses enfants à l’étranger...
Notre avis : Elles vivent terrées dans une villa, au fond du désert. Elles fuient la guerre abominable qui oppose l’Iran et l’Irak. Les maris et les fils sont sur le front, tandis qu’elles s’organisent pour préparer un retour peu probable. Le chauffeur Aziz fait le lien entre ces femmes et les combats et il constitue une sorte de passeur mortifère, amenant avec lui son lot de mauvaises nouvelles. Cette guerre tragique a commencé en 1980 et a laissé les deux pays dans un émoi total. Il s’agira de l’affrontement le plus long depuis la Seconde Guerre mondiale.
Problème récurrent dans ce genre de films : racontant les combats du point de vue des femmes et des enfants qui vivent en retrait du front, l’œuvre n’évite pas l’écueil du regard partisan. En l’occurrence, la réalisatrice, à travers ces portraits de mères courages, conforte le discours général de martyrs qui auraient tenté de sauver l’Iran contre les indigents d’Irak. Les hommes sont rares dans le film, sauf pour annoncer la mort ou rencontrer leur famille entre deux bombardements, ce qui pourrait a priori protéger la réalisatrice du discours politique. Il n’empêche que toute guerre est tragique pour les populations qui les subissent, et en particulier les enfants très présents dans le long-métrage, qui témoignent de l’arrachement à leur père.
Néanmoins, le risque partisan est un peu dilué dans la volonté de l’héroïne, la belle-fille d’Aziz, qui décide de s’enfuir à l’étranger avec ses enfants, alors que son passeport a été retenu par les femmes. La réalisatrice n’élude pas non plus la manipulation des autorités, qui diffusent des informations mensongères aux civils, à travers les quelques rescapés bénéficiant du droit de visiter leur famille, dans la villa. Toutefois, le propos trop romantique ne parvient pas à convaincre totalement. La musique sirupeuse, qui accompagne une mise en scène sanglotante, abîme un propos confiné à une vision trop univoque du conflit Iran-Irak.