Le 12 septembre 2016
Film d’ouverture de la 22ème édition de L’Étrange Festival, The Darkness est une œuvre contemplative anxiogène dans laquelle il est bon de se perdre.


- Réalisateur : Daniel Castro Zimbrón
- Acteurs : Brontis Jodorowsky, Aliocha Sotknikoff Ramos, Camila Robertson Glennie
- Genre : Fantastique, Thriller
- Nationalité : Français, Mexicain
- Durée : 1h31mn
- Date télé : 2 septembre 2024 22:20
- Chaîne : RTL9
- Titre original : Las Tinieblas
- Festival : L’Etrange Festival 2016

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Résumé : Le jeune Argel vit reclus dans une cabane perdue dans une forêt entourée d’un brouillard menaçant, avec son père, sa soeur Luciana et Marcos, son grand frère. Quand ce dernier disparaît mystérieusement, Argel va tout mettre en œuvre pour partir à sa recherche.
Critique : The Darkness est le deuxième long-métrage de Daniel Castro Zimbrón, réalisateur mexicain encore peu connu, après un premier essai, Tau, plutôt convaincant. Le réalisateur ne s’en cache pas : le film est son travail le plus important à ses yeux, d’autant que le tourner n’a, a priori, pas été une sinécure, avec son budget restreint.
"Les ténèbres" s’ouvre donc sur le plan d’une forêt irréelle dont on aperçoit les arbres bruisser comme sous l’impulsion de quelques vents menaçants. C’est dans une cabane perdue au milieu de ces bois que vit reclus un père (Brontis Jodorowsky, déjà collaborateur du cinéaste dans Tau) et ses trois enfants.
Cette situation est déjà étrange, mais elle le devient encore davantage lorsque l’on découvre que quelque-chose se niche avec eux dans les bois ; cette présence est dangereuse et peut s’en prendre à leur vie.
Beaucoup de questions se bousculent alors dans l’esprit du spectateur. Qui est cette famille ? Que fait-elle ici ? Quelle est l’origine de cette entité qui hante les bois ? Il faudra être patient pour obtenir les clés, le cinéaste se voulant énigmatique.
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The Darkness mise avant tout sur son ambiance. Le film est opaque et Zimbrón se surpasse en parvenant à transformer les éléments les plus anodins en source d’une éventuelle menace. Un parti pris d’autant plus réaliste que le personnage principal, Argel, est un enfant dont le regard se porte sur de nombreuses choses qui lui sont inconnues. Voilà qui favorise parfaitement l’identification du spectateur et laisse émaner un délicieux parfum d’étrangeté dans ce conte sombre en marge de la civilisation.
La mise en scène épurée fait des merveilles (on ne sera pas surpris d’apprendre l’influrence picturale de la peinture sur le réalisateur), souvent statique comme une toile de maître. Toutefois, le cinéaste use de travelings et de plans séquences astucieux notamment lors de la scène d’exposition qui a l’intelligence de s’ouvrir sur la métaphore centrale du film.
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L’atmosphère claustrophobe suscite un sentiment de malaise, en particulier dans le froissement des cauchemars de l’un des protagonistes. Ces même cauchemars qui deviendront d’ailleurs, dans la répétion, l’un des petits défauts de cette oeuvre en construction. Car si elle n’est pas très bavarde, l’oeuvre, essentiellement contemplative et sensorielle, ne nous épargne malheureusement pas certaines futilités narratives qui gâchent l’immersion, du côté des procédés oniriques.
Au final, si The Darkness restera austère aux yeux du public amateur d’épouvante cheap, il saura distiller sa poésie noire avec succès auprès d’un public ouvert aux étrangetés cinématographiques.
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