Le 29 septembre 2022
Adaptation du célèbre roman de Franck Thilliez, le premier épisode de Syndrome E déçoit par sa mise en scène au rabais.


- Réalisateur : Laure de Butler
- Acteurs : Vincent Elbaz, Jennifer Decker, Kool Shen
- Genre : Drame, Fantastique, Thriller, Policier
- Nationalité : Français
- : TF1 Diffusion
- Date télé : 29 septembre 2022 21:10
- Chaîne : TF1
- Date de sortie : 29 septembre 2022

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Résumé : Franck Sharko et Lucie Hennebelle enquêtent dans le monde glaçant, voire cauchemardesque, des manipulations mentales et neurosciences alors que cinq cadavres sont retrouvés atrocement mutilés...
Critique : On aurait aimé que cette adaptation du célèbre récit de Franck Thilliez s’extraie des conventions du polar filmé. Mais le premier épisode de cette série, présentée comme un événement télévisuel, ne suscite qu’un faible intérêt : la faute à une mise en scène particulièrement médiocre et des clichés propres au genre qui empêchent l’investissement du spectateur, réduisent les personnages à l’état de stéréotypes. Pourtant, le pitch est, sur le papier, plutôt intéressant, d’autant qu’il reprend la trame du roman de Thilliez : à Paris, un inquiétant meurtrier qui nargue la brigade criminelle ôte le cerveau de ses victimes, lorsqu’il ne les vole pas à l’Institut médico-légal, avant de s’évaporer. Parallèlement, à Casablanca, au Maroc, des enfants pauvres disparaissent mystérieusement, sans que la police ne s’en émeuve et déclenche une enquête approfondie.
Au départ, les indices sont éparpillés façon puzzle et l’histoire nous propose son lot de séquences spectaculaires : on évoquera bien sûr une sorte d’acmé dramatique, où la lieutenante de la BAC, Lucie Hennebelle, tire bien malgré elle sur son collègue, avant de pleurer des larmes de sang. A l’origine de cette catastrophique méprise, un film en noir et blanc qui semble avoir un pouvoir hypnotique. Retour aux années 90, Syndrome E nous refait le coup des images sybillines et maudites façon Ring.
A partir de cet événement, l’intrigue complexe se déploie, emprunte à la fois au thriller horrifique, au drame psychologique, au récit de science-fiction ou au film fantastique.
Hésitant trop souvent entre ces multiples influences, Syndrome E est surtout un ramassis de scènes-clichés que hante la figure d’un flic taiseux, taciturne, interprété par Vincent Elbaz, façon Olivier Marchal, ce qui n’est jamais un gage de qualité artistique. Autour de lui, les autres comédiennes et comédiens font ce qu’ils peuvent, mais leurs personnages, réduits à quelques traits grossiers, les contraignent à quelques tics et mimiques qu’une caméra indiscrète scrute, croyant traquer les signes d’une performance hautement recommandable. On est peinés de voir Dominique Blanc dans le rôle d’une méchante très prévisible ou Emmanuelle Béart enfermé dans son personnage de supérieure hiérarchique, saisie par quelques plans de coupe.