Le 6 octobre 2022


- Genre : Drame
- Editeur : JUNGLE
- Famille : BD Franco-belge, Littérature jeunesse
- Date de sortie : 15 septembre 2022
Une BD sensible et réaliste sur le danger du harcèlement au collège.
Résumé : C’est la rentrée en classe de 4e pour Juliette et Mathilde, séparées de leurs autres amies mais toujours inséparables. Enfin presque...
Critique : Le grand frère de Juliette lui dira dans un moment de sagesse, oui, le collège c’est l’enfer, et oui, cela va mieux au lycée. Cependant, avant d’y arriver, il faut passer par un moment souvent douloureux par le passé, mais que les réseaux sociaux ont rendu encore plus affreux. C’est le cas de cette histoire, qui pourrait avoir été inspiré d’ un fait divers trouvé dans un collège Jules Ferry, Marguerite Yourcenar ou Victor Hugo de n’importe quelle ville ou village de France. Cette lente et peu pentue descente aux enfers se lit avec un trouble non feint, que l’on soit parent, enfant ou victime. Mais c’est peut-être pour ces dernières que cet ouvrage est le plus important : il est à mettre dans le maximum de mains pour enrayer, pour faire comprendre que la honte peut et doit changer de camp quand quelque chose d’aussi grave arrive. Avec cette histoire qui ressemble à celle de beaucoup de jeunes ados, c’est un message fort qui est relayé, détaillé par un scénario que pas mal de séries TV essaient d’approcher, mais rarement dd manière aussi sensible, car le petit écran n’a pas le temps et le tempo faible d’un album.
© Jungle / Camille K.
Le dessin en bichromie installe un décor à deux visages : d’un côté, ce violet doux comme de la lavande, qui donne à voir une histoire d’amitié qui se fane, des visages qui change, et de l’autre ce noir, blanc et gris qui s’insinue pour faire ressortir les faiblesses des unes qui abandonnent, des uns qui se moquent, ou encore l’air triste des adultes désemparés ou pire, leur absence. Le collège est assez neutre, les maisons aussi, comme s’il fallait ne pas trahir ce côté universel, d’immersion facile pour toutes et tous, donnant à voir un album qui pourrait paraître fade, mais se révèle en vérité frappant de réalisme et étrange de beauté.
© Jungle / Camille K.
Album fort qui se veut héraut d’une génération malmenée par les réseaux sociaux, Ratures indélébiles amène un souffle glacial et réaliste sur le harcèlement, une impression trouble mais nécessaire.
198 pages – 16,95 €