La roue de la fortune
Le 2 février 2005
L’effet rétro a ses limites, surtout quand il ne parvient même pas à chatouiller la nostalgie.


- Réalisateurs : Jean Duval - Franck Passsingham - Dave Borthwick
- Genre : Animation, Film pour enfants
- Nationalité : Britannique, Français
- Editeur vidéo : Fox Pathé Europa

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– Durée : 1h25mn
L’effet rétro a ses limites, surtout quand il ne parvient même pas à chatouiller la nostalgie.
En octobre 1964, Nicolas et Pimprenelle cèdent la place à une série d’animation d’un genre tout nouveau, mettant en scène des marionnettes animées image par image. C’est le début du "Manège enchanté", étendard d’une époque télévisuelle où les moins de dix ans n’avaient pas encore des têtes de parts de marché. Jacques Bodoin prêtait au héros un irrésistible accent british et donnait la réplique à Micheline Dax. Les stakhanovistes du Pollux remplissaient leurs cartables de bouchons entortillés de morceaux de laine avec un grain de café pour faire le nez.
Aujourd’hui, l’effet rétro doit avoir le vent en poupe, et comme personne n’a plus peur du réchauffé, Pollux nous revient, entièrement relooké façon 3D, tête d’affiche d’un scénario "original" en 85 minutes.
Passons sur les détails de fabrication que le réalisateur affiche comme des sardines sur son veston. On vous épargnera donc l’effet Pixar, l’autocongratulation et les chiffres de la production pour s’attacher simplement à l’objet puisque ce n’est rien d’autre que cela. Une opération marketing conçue pour chatouiller la fibre nostalgique de parents naïfs qui pensent qu’après avoir désintégré quelques mutants intergalactiques, leurs bambins seront parfaitement disponibles pour s’émerveiller devant un cocker à l’accent anglais. L’ajout d’un méchant était sans doute calculé pour flatter un public gameboyisé à mort, comme les références à Indiana Jones, bien commodes pour étoffer un scénario inexistant.
Vous l’aurez compris, ce manège n’a d’enchanté que le nom et son cousinage avec la série de Serge Danot se perd dans les culs-de-sac de la généalogie. Et finalement, c’est peut-être là la grande réussite du film : aller aussi loin dans la trahison, ça laisse le souvenir intact !