Le 11 juillet 2017


- Genre : Roman graphique
- Editeur : Casterman
- Date de sortie : 21 juin 2017
- Durée : T.3
Partez à l’exploration de la nouvelle BD
Troisième numéro pour la revue Pandora, qui continue d’explorer tous les sentiers des mondes de la bande dessinée, qu’ils soient battus, en friche ou à créer. Pas moins de trente six histoires courtes se bousculent, avec autant d’univers qui sont entrevus ou de pages qui sont exposées. En tête de gondole, l’inévitable et remarquable Corto Maltese, avec un extrait du prochain opus signé Canales et Pellejero. Tout d’aquarelle vêtu, tout de mystère et d’action bien serré, il donne l’eau à la bouche au lecteur, mais l’essentiel de ce numéro est ailleurs. D’autres grands noms y sont présents, comme l’unique planche « Perdu » d’Art Spiegelman, ou le très joli récit muet « Pearl » de Julien Neel. Il est difficile de tout résumer, tant les éléments sont différents et intéressants. Peut-être est-il plus simple de faire un top 3 des récits qui nous ont plu, et permettent de dire que le numéro 4 sera forcément très attendu, pour découvrir de nouveaux talents ou s’enthousiasmer devant les développements de certains. Mentions spéciales pour l’histoire Moebiusienne et très Métal Hurlant de Baptiste Gaubert, Le "Résumé" géographique et historique de Gilles Dal et Johan de Moor et l’étrange objet topo-et-logo graphique de Xavier Mussat.
- © Casterman
- "Pearl" de Neel
Sur le podium, « Le Retour » de Hugues Micol, une parabole sur l’avidité, avec en fond le retour des juifs polonais chez eux au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. La déportation a été le zénith de l’horreur, mais elle demeure dans le cœur des hommes, et jusque dans le quotidien.
En second, mais frôlant la première place, « À l’origine des Mille et une nuits » de Géraldine Bindi et Yannick Corboz, parce que l’histoire est connue mais belle et finement racontée, et le dessin est fascinant et sensuel. Bref, le duo a capté avec une sensibilité certaine l’atmosphère de cette œuvre immense, en forme de prélude aux aventures de Shéhérazade. L’exotisme et l’érotisme qui se mêlent dans un récit qui compte onze pages, mais laisse espérer une plus longue collaboration entre les auteurs.
- © Casterman
- "Flaubert au travail" d’Albertini
Enfin, un choix personnel pour le premier, original et emblématique, « Flaubert au travail » de Giorgio Albertini, puisqu’il traite de Salammbô, qui est un de nos romans préférés. L’auteur italien a su mêler avec maestria des éléments biographiques de l’auteur avec une mise en page des lignes du roman, tout en apportant une touche humoristique et une vraie pertinence dans le rendu de Salammbô. Des couleurs atypiques, un dessin sobre et recherché, un hommage étincelant à l’œuvre du roman réaliste.
Ouvrage collectif
264 pages - 18 €