Le 17 septembre 2017


- Scénaristes : Bruno Cadène>, Xavier Bétaucourt>
- Dessinateur : Eric CARTIER
- Genre : Biographie, Musique, Chronique sociale
- Editeur : FUTUROPOLIS
- Famille : BD Franco-belge
- Date de sortie : 8 juin 2017
La sombre histoire des hommes en noir
Cette biographie des Ramones suit le point de vue de Dee Dee, le bassiste du groupe. À l’image des blousons des quatre membres, cet album est totalement noir.
Douglas Colwin vit en Allemagne dans des casernes avec son père, militaire américain, et sa mère, allemande. Dans un bâtiment abandonné, il trouve notamment une dague, des exemplaires de Playboy et de la morphine. Rapidement, il devient accro à cette dernière. À cette époque, il opte pour le surnom de Dee Dee Ramone. Après quelque temps à Berlin, il part, seul avec sa mère, habiter à New York. Là, il rencontre d’autres jeunes comme lui, paumés et passionnés de rock’n’roll. Ensemble, ils forment un groupe : les Ramones. Si le succès est lent à venir, le quatuor marque l’histoire du rock par ses morceaux fulgurants joués pied au plancher, mais également par son look (jeans, baskets, blousons de cuir et cheveux longs).
De la drogue comme épée de Damoclès aux galères quotidiennes de la vie de groupe, des manies de Joey à l’autoritarisme permanent de Johnny, en passant par la haine qui règne entre la plupart des membres, tout conduit à une histoire glauque et triste. Celle-ci est passionnante car les auteurs scrutent ce qu’il y a derrière l’image du groupe. Après la lecture de ces pages bien documentées, il est difficile de voir les Ramones comme avant. Le récit, non linéaire, effectue des allers-retours entre les époques et conserve constamment une certaine dynamique. Il n’évite cependant pas quelques imprécisions ou redites, le départ de Ritchie du groupe étant mentionné à deux reprises (pages 65 et 71).
La mise en page et les dessins en noir et blanc d’Éric Cartier - réalisés à l’encre et au crayon, ce dernier apportant un aspect charbonneux - contribuent grandement à la réussite de l’entreprise. Par leur précision et leur richesse (Cartier a vécu à New York à cette époque), ils rendent pleinement compte des ambiances, situations, attitudes et mouvements des personnages : nous avons véritablement l’impression d’être transportés aux États-Unis dans les années 1970 et 1980.
One Two Three Four Ramones s’impose ainsi comme un album incontournable pour qui s’intéresse au rock comme aux biographies dessinées.
96 pages - 20€