Le 23 avril 2020
Une comédie post-Splendid plutôt oubliable, malgré l’énergie de ses comédiens.


- Réalisateur : Bernard Nauer
- Acteurs : Thierry Lhermitte, Josiane Balasko, Victoria Abril, Bruno Moynot, Alain Doutey, France Roche, Jean-Claude Dauphin, Jean-Michel Dupuis, Didier Pain
- Genre : Comédie
- Nationalité : Français
- Distributeur : Gaumont Distribution
- Durée : 1h30mn
- Date télé : 1er septembre 2024 22:55
- Chaîne : TF1 Série Films
- Date de sortie : 24 septembre 1986
Résumé : Jacques Belin, animateur de jeux télévisés, attend sa fiancée dans un bar de gare. Il tombe sur Fred, une fille qui sort de prison. Ils se lancent dans une folle nuit d’ivresse alors que tout les opposait. Toutefois le réveil va être difficile...
Critique : Adaptation cinématographique de la pièce écrite par Josiane Balasko et Michel Blanc, Nuit d’ivresse fait partir de ces comédies post-Splendid largement oubliables, dans lesquelles se diluent une bonne partie des intentions sarcastiques qui faisaient l’intérêt du spectacle théâtral.
Ici, la rencontre improbable entre deux personnages que tout sépare (la situation sociale, le caractère), catalysée par une consommation excessive de boissons, n’engendre que des situations attendues où Balasko, cheveux carotte, surjoue la vulgarité, tandis que Lhermitte n’est que sympathique dans le rôle d’un dandy ringard, bien qu’il essaie de hisser son niveau de décibels lorsque le film bifurque vers un vaudeville de plus en plus ridicule, coincé entre les murs d’un appartement trop grand.
Bien sûr, on se souvient du fameux défilé de majorettes improvisé dans un parking désert, sous l’œil hilare du lamentable Jacques Belin, animateur de jeu télévisé, qui regrettera, le matin venu, d’avoir bamboché en si discutable compagnie.
Mais que retient-on de ce film paresseusement réalisé ? Une baffe à un notable, quelques répliques éthyliques, la gouaille vaguement arlettyenne de Balasko. Tout cela ne suffit évidemment à faire de Nuit d’ivresse une comédie recommandable. Finalement, le spectateur se sent un peu comme France Roche, journaliste venue interviewer la star qui ne semble toujours pas avoir dessaoulé : pas vraiment à sa place dans ce film de copains, où l’on croise Guy Laporte et Bruno Moynot, grands rescapés de la glorieuse époque des Bronzés.
b.nauer 27 octobre 2011
Nuit d’ivresse - Bernard Nauer - critique
En tant que réalisateur, de ce film en particulier, je laisse toujours à tout spectateur le droit d’en penser ce qu’il veut ! Mais j’aime quand même bien que les critiques osent signer leurs articles...
Je n’ajouterai à cet avis critique que deux précisions :
– arguer du nombre d’entrées (1 300 000 entrées ce qui est tout de même très respectable) pour démolir le film est une méthode particulièrement nulle ! D’autant... que c’est ignorer une partie de la réalité de l’époque. En effet, vous signalez que le film est sorti le 24 septembre 1986. Or, le 17 septembre il y a eu une vague d’attentats à Paris, dont le fameux de la rue de Rennes, devant la FNAC. A partir de ce jour, la fréquentation des salles, où les spectateurs étaient fouillés à l’entrée, a chuté de plus de 50% sur Paris.
La compréhensible paranoïa parisienne n’étant pas la même en province, le film y a eu une carrière "normale". Ce chiffre final des entrées du film est toujours à analyser en fonction de cet événement précis. Si les entrées parisiennes avaient été elles aussi "normales", le score aurait été plus près, voire au dessus des 2 000 000 ! Le film en aurait-il été meilleur aux yeux de ce critique anonyme ?
– depuis le film est passé de multiples fois à la télé. Ceux qui ne l’avaient pas vu à l’époque l’ont vu depuis. Et je dois vous dire que le retour du public est bien différent de ce que je viens de lire ici ! Nuit d’ivresse est considéré comme l’un des films cultes de l’époque Splendid. On me dit souvent que le tiercé est "Le père Noël", "Les bronzés" ET "Nuit d’ivresse".
Sans parler des quelques centaines de spectatrices que j’ai pu rencontrer et qui me parlent toutes, émues, de cette séquence de la majorette... qu’elles imitent généralement à merveille. Qu’est ce qu’un réalisateur peut demander de mieux ??
Merci à vous
BERNARD NAUER