Sensualité
Le 24 octobre 2007
Un théâtre de passions ancré au cœur d’une lumière très dense reflétant l’urgence de l’attraction charnelle et du bouillonnement psy. Film correct, à condition de passer sur l’impression de déjà-vu et en mieux.


- Réalisateur : Gina Kim
- Acteur : Vera Farmiga
- Genre : Romance
- Nationalité : Américain
- Date de sortie : 24 octobre 2007

L'a vu
Veut le voir
– Durée : 1h44mn
Un théâtre de passions ancré au cœur d’une lumière très dense reflétant l’urgence de l’attraction charnelle et du bouillonnement psy. Film correct, à condition de passer sur l’impression de déjà-vu et en mieux.
L’argument : Sophie semble mener une vie idéale avec Andrew, son mari originaire de Corée. Le couple mixte est totalement intégré à la haute société new-yorkaise. Un problème majeur fait pourtant obstacle à leur bonheur : l’impossibilité, malgré de nombreuses tentatives, d’avoir un enfant. Pour sauver son mariage, Sophie prend seule la décision d’avoir un enfant d’un autre. Elle se lance alors dans une aventure secrète avec Jihah, un immigré clandestin coréen comme Andrew. Elle le paiera lors de chaque rendez-vous et ce jusqu’à ce qu’elle tombe enceinte.
Mais, même si on le désire, une relation sexuelle ne peut se limiter aux termes d’un contrat...
Notre avis : Visiblement sous influence de Wong Kar-Wai, la réalisatrice Gina Kim dessine un beau portrait de femme américaine (Vera Farmiga), confrontée à une communauté coréenne un rien hostile, et raconte sa révolution intérieure et érotique. Plus le film avance, plus on se rend compte que ce qui unit les deux personnages (une bourgeoise désoeuvrée et un sans papier coréen) est autant le résultat d’une sincère attirance que de l’ostracisme dont ils sont victimes. L’énergie électrique réside donc dans l’affrontement entre la dramaturgie prévisible d’une histoire condamnée par les contingences et les élans irréductibles des deux amants fous. La cinéaste Gina Kim, jamais roublarde, toujours honnête, a le chic pour observer ses acteurs, les laisser vivre, saisir les rapports, les situations et les échanges de regards.
Parce qu’elle ne méprise pas ses personnages, elle ne se contente pas d’huiler sa mécanique comique à grands coups de quiproquos plus ou moins vaudevillesques et préfère imposer un tempo rigoureux et efficace pour orchestrer les chassés-croisés psy entre ses personnages. Au-delà des conventions, la question du désir est ainsi patiemment décortiquée. Mais tous ces beaux moments (l’héroïne qui fond en larmes derrière un mur, le tumulte de deux corps, le désir sexuel qui embrase) côtoient d’autres plus anecdotiques et convenus. Une légère tendance à la sensiblerie, surtout dans la dernière partie, gâche partiellement l’inspiration réelle de la mise en scène. Un film inégal donc qui se perd un brin dans ses volutes sentimentales. Cela dit, il se révèle suffisamment prometteur pour donner envie de voir ce que cette cinéaste fougueuse va nous proposer par la suite. On attend.