Le 28 septembre 2018


Attention, parodie déjantée, pleine de vulgarités et d’humour corrosif !
Résumé : Kayo, avant même d’être élue Magical Girl, protectrice de l’humanité contre l’engeance démoniaque des Stremons, n’était pas une jeune lycéenne comme les autres. Pleine de colère, de clope et de hargne, elle se fiche pas mal des autres, et n’hésite pas à le faire savoir, à voix haute ou le poing fermé. Alors quand il s’agit de castagner du démon...
Véritable pied de nez parodique aux mangas Magical Girl du type Sailor Moon, où d’ingénues jeunes filles risquent leur vie dans des costumes bariolés, Magical Girl Holy Shit s’assoie avec violence et ironie sur les codes du genre, ou plutôt s’amuse à constamment les placer pour leur foutre un bon crochet du droit en pleine face. Le petit ange avatar, Myû, du type « pokemon » selon l’héroïne, n’a pas fini d’avoir sa mignonne petite trogne ravagée par le puissant poignet de l’héroïne, qui le frappe pour un oui ou pour un non. Peut-être un peu trop brutaux, ces coups fatals rappelant ceux d’un super-héros chauve sont avant tout un hommage aux jeux vidéos de combat cultes, comme Street Fighter ou Tekken, dont Kayo est accro. Du coup, c’est une sorte de Chun-Li ou Lucky Chloe qui débarque ici, mais étrangement ce sont les personnages secondaires qui accrochent plus l’attention, et aussi la sympathie, petits angelots ou connaissances du lycée qui rendent le tout intéressant, alors que les combats ont un côté essoufflant.
© Akata
Avec un dessin qui pourrait rappeler un mélange de Dragon Ball et Emi magique, quelques planches de combat avec des gestes pas très clairs, quelques (un peu trop) cadrages « à la japonaise » centré sur les culottes des protagonistes, ce manga joue bien entendu sur l’outrance et l’exagération, poussant les codes à son extrême. On apprécie ainsi les moments de pause, de vie quotidienne, les rares discussions, même si le poing rageur n’est jamais loin d’un visage. Cet abus de violence pourrait à la longue lasser,devenir une faiblesse pour la série,et l’on se prend à espérer que le rictus venimeux de l’héroïne aura tendance à diminuer, pour laisser place à quelques sentiments, et ce même si ce serait renier le côté parodique.
© Akata
Satirique dans son déroulé, avec pourtant un synopsis pour l’instant assez basique, ce premier tome dispose d’atouts fermes pour devenir un bon succès, violemment drôle et méchamment sardonique.