Sabres calmes
Le 2 février 2010
La fin de la féodalité au Japon. Un beau film mélancolique qui fait l’apologie de la droiture.


- Réalisateur : Yoji Yamada
- Acteurs : Rie Miyazawa, Hiroyuki Sanada, Min Tanaka
- Genre : Aventures
- Nationalité : Japonais
– Durée : 2h05mn
– Titre original : Tasogare seibei
La fin de la féodalité au Japon. Un beau film mélancolique qui fait l’apologie de la droiture.
L’argument : A l’époque du déclin des samouraïs, à l’aube de l’ère Meiji. Seibei Iguchi est un samouraï de basse caste. Devenu veuf, il doit s’occuper seul de ses deux fillettes, de sa mère malade, après de lourdes heures de travail comme gestionnaire d’entrepôt. Comme il rentre toujours tôt, ses amis et voisins le surnomment "Seibei le Crépuscule". Ils lui conseillent de se remarier, mais comme il est pauvre, il devra se contenter de n’importe quelle femme.
C’est alors que réapparait la belle Tomoe, son amour de jeunesse, qui a divorcé d’un mari brutal. Un soir qu’ils sont ensemble, l’ex-mari, en état d’ivresse, les surprend, et provoque Seibei en duel : ce dernier arrive néanmoins à le vaincre avec une simple épée de bois, en usant de techniques enseignées par un vieux maître.
La rumeur de sa victoire se répand, et son clan le désigne alors pour mater un samouraï rebelle très dangereux...
Notre avis : Le résumé ci-dessus présente presque la totalité de l’histoire du Samouraï du crépuscule. C’est dire si l’action n’est pas le ressort principal de cette production. Pour le vétéran méconnu en France Yoji Yamada, il s’agit beaucoup plus ici de présenter la situation des samouraïs à une période charnière de leur existence, celle qui voit leur déclin, à l’aube de l’ère Meiji. Moment de crise pour ces hommes qui subissent l’évolution des temps et les changements politiques qui s’opèrent dans un Japon à la veille d’abolir la féodalité, remettant en cause leur existence même. Le film traite d’abord de la condition des samouraïs et notamment des plus modestes d’entre eux, comme son personnage principal.
Ce dernier permet à l’auteur de dresser un portait moral d’homme placé en face de dilemmes (se remarier, être ambitieux, tuer). Accablé de problèmes, amené à faire des choix complexes, contradictoires, Seibei le mélancolique fait preuve d’une droiture à toute épreuve, se posant ainsi en modèle moral. En outre, il se montre ouvert dans de nombreux domaines (notamment dans ses relations avec ses filles, et plus généralement aux femmes, qui donnent lieu à quelques très belles scènes). Elles montrent qu’il a compris les changements qui s’opèrent et qu’il est tourné vers l’avenir.
Ce portrait d’un homme droit et tourmenté est particulièrement réussi. La peinture historique l’est tout autant. La réalisation est soignée, de même que l’image (splendeur des scènes situées au bord de l’eau par exemple), sans jamais tomber dans le décoratif. Enfin, Yamada ne recourt jamais au spectaculaire facile, tout en prouvant qu’il est capable de mettre admirablement en scène les combats. Tout au plus pourra-t-on lui reprocher d’être parfois un petit peu trop démonstratif, ce qui alourdit son propos et engendre une certaine lenteur, pourtant atténuée par la présence de personnages féminins lumineux.
Norman06 29 avril 2009
Le samouraï du crépuscule - la critique
Récit sobre et limpide, sans effets ni style appuyé. On aurait pu aussi attendre un film un peu plus lyrique sur le même thème, et un certain académisme de la réalisation nuit un peu à l’ensemble.