La nulle
Le 6 juin 2008
Ni romantique ni rigolo. Plutôt kitsch et ennuyeux.

- Réalisateur : Chantal Lauby
- Acteurs : Rossy de Palma, Claude Perron, Bernard Menez
- Genre : Comédie
- Nationalité : Français
- Editeur vidéo : Fox Pathé Europa

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– Durée : 1h48mn
Du cinéma romantique et rigolo ? Ni l’un, ni l’autre. Le premier long métrage de Chantal Lauby est plutôt kitsch et ennuyeux.
En regard de la chanson d’Adamo, il faudrait placer le refrain de Guy Béart : "parlez-moi d’moi, y a qu’ça qui m’intéresse"... Car voilà un film écrit, réalisé, et interprété par Chantal Lauby. La comédienne-réalisatrice s’offre un premier rôle, laissant un peu pour compte Rossy de Palma, Jean-Hugues Anglade ou Myriam Boyer. En avant pour 1h48mn de Lauby par Chantal ?
Curieusement, le spectateur ne cesse de s’interroger : où est passée Chantal Lauby ? Celle qui semblait cultiver la dérision, le second degré, le décalage ? Elle a disparu dans ce personnage, Odile, actrice de film comique recyclée dans le théâtre, qui s’affole à l’heure où sa fille lui annonce qu’elle part vivre avec son copain. Odile s’entiche du premier venu pour revivre les émois de l’adolescence. Tout cela dans le plus désolant premier degré.
Le décor imaginé par Aline Bonetto, César du meilleur décor pour Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, n’arrange pas le malaise : la cuisine rose "top tendance", la fête foraine esthétisée façon "bobos", le café-QG "très gai" auraient été efficaces dans un conte satirique. On en est loin.
Tout est très convenu. Les dialogues sont ineptes (Odile : "Je vais prendre un Perrier", Miche : "T’es au régime ?"), les personnages tautologiques (la concierge est une concierge, le copain homo est très homo, etc.), et les situations affligeantes de banalité. Quant au romantisme, une scène de baiser improbable, quelques roulottes de forain et un clair de lune (si, si) ne suffisent pas à l’insuffler au film.