Lire et relire
Le 10 décembre 2002
Un texte bref et pétrifiant qui éclaire le prodigieux travail de mémoire, assise de l’œuvre de Rosetta Loy.


- Auteur : Rosetta Loy
- Editeur : Rivages
- Genre : Roman & fiction

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Histoire de la passion à sens unique d’une enfant pour sa gouvernante allemande, La porte de l’eau éclaire le prodigieux travail de mémoire qui constitue l’assise de l’œuvre de Rosetta Loy.
Rome, fin des années 30. Une petite fille est follement éprise de sa gouvernante aux tresses blondes, sa Fräulein, Anne-Marie, qui, incompréhensiblement, la tient à distance. Passion romantique, impossible par définition, et qui se terminera en tragédie. Texte fondateur, La porte de l’eau, publié dans sa première version en 1976 en Italie - jamais en France - porte en germes les idées-forces qui traversent l’oeuvre de Rosetta Loy, réduites à la quintessence dans ce bref texte entièrement réécrit vingt-cinq ans plus tard.
Drame de l’abandon : père fantomatique, mère inaccessible, seuls les domestiques, chauffeur, bonne, cuisinière, paraissent dotés de vie. Plongée dans l’enfance avec ses frayeurs incommensurables (les contes allemands que raconte la Fraülein), ses questionnements sans réponse (pourquoi les voisins juifs, les della Seta, sont-ils différents ?). Dizaines d’images indélébiles, profondément formatrices, fondements de l’adulte en devenir. Rosetta Loy, l’un des plus grands auteurs italiens vivants, fait ce voyage au coeur de sa propre enfance dans un style d’une fluidité narrative exceptionnelle, éclairant le double thème central de ses écrits, celui de la mémoire et de la prise de conscience de l’antisémitisme.
La porte de l’eau (La porta dell’acqua, traduit de l’italien par Françoise Brun), Rivages coll. "Poche", 5,35 €