Sainte Jeanne
Le 1er octobre 2008
Par le réalisateur de Mary Poppins, ce jeu du chat et de la souris sous l’Occupation distille d’un bout à l’autre une sourde angoisse.


- Réalisateur : Robert Stevenson
- Acteurs : Michèle Morgan, Alan Ladd, Paul Henreid, Thomas Mitchell, Laird Cregar
- Genre : Drame, Film de guerre
- Nationalité : Américain
- Editeur vidéo : Éditions Montparnasse

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– Durée : 91mn
– Titre original : Joan of Paris
Par le réalisateur de Mary Poppins, ce jeu du chat et de la souris sous l’Occupation distille d’un bout à l’autre une sourde angoisse.
L’argument : Cinq pilotes de la R.A.F. abattus au-dessus de la France cherchent à rejoindre Paris, où la Résistance doit les prendre en charge. Paul, pilote français traqué par les agents de la Gestapo, profitant d’un incident dans un café, trouve refuge chez Jeanne, serveuse. Effrayée et timide, la jeune femme ne tarde pas à l’apprécier et à le protéger.
Notre avis : L’année de l’entrée en guerre des Etats-Unis, Robert Stevenson, surtout connu pour sa fructueuse collaboration avec les studios Disney dans les années 60 et 70 (Mary Poppins, L’Apprentie sorcière), tourna ce film censé se passer dans le Paris occupé, avec deux acteurs européens réfugiés à Hollywood.
S’ouvrant sur la représentation du gai Paris tout droit sorti d’une carte postale, le film annonce très vite la couleur en interrompant les festivités pour relayer la nouvelle de l’offensive britannique. Si à ce moment précis la fin des hostilités semble imminente, la suite du film s’ingénie au contraire à distiller une angoisse croissante laissant peu d’espoir sur les chances de survie de la résistance. Ce climat oppressant s’installe progressivement à partir de la confrontation faussement désinvolte de Paul, arrêté dans la rue pour défaut de papiers, avec Herr Funk, le décadent chef de la police campé par Laird Cregar, et culmine dans la scène du sauna où Paul se réfugie dans un geste désespéré pour échapper à la Gestapo.
Robert Stevenson représente ainsi Paris sous la forme d’une souricière tandis que l’un des temps forts du film, la filature de Paul par la Gestapo, semble donner du crédit à l’adage "être fait comme un rat" en s’apparentant davantage à un marquage individuel qu’à une surveillance en bonne et due forme.
Si la Résistance reste le fil conducteur de ce Jeanne de Paris, le mélange des genres qui transparaît parfois (certaines scènes entre Paul et Jeanne dans la mansarde de la jeune femme affichent l’insouciance des comédies romantiques) rend cependant d’autant plus tragique l’issue finale, non sans offrir au passage à Michèle Morgan, l’interprète de Jeanne, un beau rôle de femme amoureuse.
Le DVD
Les suppléments
En introduction, Serge Bromberg replace le film dans le contexte de la guerre et revient sur la carrière hollywoodienne de Michèle Morgan et Paul Henreid.
Image & son
Les contrastes ressortent bien sur l’image en noir et blanc. Les deux pistes mono en version originale ou française sont d’une belle clarté et ne semblent guère avoir souffert des effets du temps.