Le 12 octobre 2022
Benjamin Oppert a écrit cette pièce de théâtre, dont le texte intégral est publié dans ce petit recueil. Il nous offre un univers étrange, à la limite du rêve, avec des personnages hauts en couleur, en même temps si humains, si crédibles dans leurs faiblesses et leurs doutes.


- Auteur : Benjamin Oppert
- Collection : Quatre vents contemporain
- Editeur : L’avant-scène théâtre
- Genre : Théâtre
- Nationalité : Française
- Date de sortie : 8 avril 2022

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Résumé : L’histoire se déroule dans un vieux bunker, au bord d’une falaise. Zénitha et Doubist, deux autistes, ont pour tâche de redonner une société nouvelle à l’humanité alors que la civilisation s’écroule. Pop, troisième personnage aux facettes multiples, représente le peuple. Le trio va s’opposer, se comprendre, se heurter, s’entraider, mais Zénitha et Doubist parviendront-ils à donner vie à cet autre monde qu’ils rêvent ?
Critique : Le sommet d’une falaise, un bunker à l’abandon, une femme et un homme. Zénitha et Doubist. Tous deux sont atteints d’autisme, qui s’exprime d’une manière différente chez chacun d’eux. Car l’autisme n’est pas unique, il y a plusieurs formes, et le début de cette pièce nous propose deux personnages bien différents. Chacun porte en lui des aspects connus de ce trouble, et d’autres que nous découvrons.
Mais la pièce ne repose pas sur l’autisme, enfin, pas uniquement... elle aborde aussi le rapport à l’autre. Dans ce bunker désaffecté, symbole d’un monde au bord du gouffre, Doubist et Zénitha ont une lourde charge, créer le monde de demain, diriger le peuple. Les suivra-t-il ? Ils tentent, à leur manière, de repenser l’avenir. Et intrigués par certaines de leurs propositions, attirés par d’autres, nous entrons dans la pièce. Récit politique ? Peut-être. Surtout un récit humain, qui nous donne à voir les doutes et les envies des deux protagonistes, nous plonge dans leurs têtes pour mieux les comprendre.
Tout pourrait aller pour le mieux et rester dans la théorie, mais le troisième larron entre en scène. Pop incarne le peuple, versatile, centré sur lui-même, multiple, volage. Est-ce le peuple lui-même ou l’image que se font de lui Zénitha et Doubist ? La question restera sans réponse. Car nous assistons surtout à la confrontation de leurs idées au monde réel. Et le peuple, Pop, ne veut pas vraiment de leurs projets de société, alors qu’il les a mis au pouvoir.
On navigue entre humour, tendresse, une forme de tristesse presque, au fur et à mesure des pages. On s’attache à ces deux héros, parfois, on s’éloigne d’eux pour mieux y revenir.
Et finalement, on comprend peut-être que ce nouveau monde dont on rêve tous, qui reste à construire, serait juste un monde où l’on s’aimerait plus fort, indifféremment de qui ou de ce que nous sommes.
Je rêvais d’un autre monde se révèle une belle leçon d’humanité grâce à ses personnages réussis, qui permettent de mieux appréhender l’autisme, et de se demander aussi à quoi devrait ressembler notre monde de demain. Le texte est une réflexion politique, sociale, morale, humaine, traitée avec une touche d’humour.
80 pages- 12€