Le 21 octobre 2023


- Scénariste : Philippe Pelaez>
- Dessinateur : Alexis Chabert
- Genre : Polar
- Editeur : Grand Angle
- Famille : BD Franco-belge
- Date de sortie : 10 octobre 2023
Philippe Pelaez scénarise cette suite de Automne en baie de somme. Deuxième saison pour un polar musclé, avec une touche d’étrange qui ne dépareille pas dans l’univers de la Belle Epoque. Alexis Chabert creuse encore plus le sillon graphique qu’il avait entamé avec le premier tome.
Résumé : {Hiver à l’opéra} nous plonge en 1897, à l’Opéra Garnier. Une pièce commencer quand le rideau s’ouvre sur une mise à mort cruelle. L’ex-inspecteur Boyan, présent dans le public, se lance à la poursuite de la meurtrière. Il ne s’attend pas à frôler la mort d’une étonnante manière...
Critique : Avec ce retour de l’inspecteur Boyan, on est servi : milieu d’extrême droite, surnaturel et spiritisme, mystère à l’opéra, meurtre sanguinolent, course-poursuite... Un festival d’action en cette fin de dix-neuvième siècle.
On se plaît à découvrir cette étrange meurtrière dont on comprend finalement les mobiles. À nos yeux, c’est le passage de l’inspecteur Boyan dans ces milieux d’extrême-droite qui nous surprend. Nous ne retrouvons pas le personnage du premier tome, et nous l’imaginons mal faire cette bascule. Mais tout s’explique au fur et à mesure de l’histoire et on comprend comment il a pu faire ce choix. Ce récit alterne les moments de tension et les échanges qui servent l’enquête. On se demande comment va évoluer l’intrigue, car Pelaez sait apporter des éléments supplémentaires pour éviter la redite du premier tome. Bien sûr, il y a référence à d’autres histoires et nous avons beaucoup apprécié ces en-têtes de chapitre composé d’extrait et de citations, à l’image du premier tome. Maintenant que deux saisons ont été traitées, on suppose que va venir un printemps qui, espérons-le, apportera un peu de repos à Boyan.
Philippe Pelaez et Alexis Chabert / Grand Angle
Pour le dessin, Alexis Chabert va plus loin qu’il n’était allé dans le tome précédent. Travaillant toujours en couleurs directes, à même la planche encrée : il n’a pas droit à l’erreur, à moins qu’il ne prenne beaucoup de plaisir à refaire toute une planche. Nous parcourons ainsi de magnifiques pages, qui mélangent tout un travail reprenant des arabesques qui comblent la gouttière entre cases, et une salve de couleurs magnifiques qui illuminent toute la BD. Nous avons eu l’impression que le trait était encore plus brut, plus énergique, donnant des silhouettes néanmoins reconnaissables. Là où la couleur se renforce, c’est dans ses détails, comme les rayures d’un pantalon donnant l’impression d’être tracées aux crayons de couleurs, mêlés ensuite d’aquarelles. L’énergie des mouvements est accentuée par ce choix d’encrage rude, nerveux.
Les décors, comme l’Opéra, brillent de mille feux et porte la trace de la réalité des lieux, repassés à la magie d’un style graphique qui nous emporte.
Les contours de case, donnant l’impression d’être tiré nerveusement au pinceau léger varient d’épaisseur, renforçant encore plus l’aspect dynamique du dessin.
Hiver à l’opéra est la suite des aventures de l’inspecteur Boyan, dans un nouveau milieu qui change du premier, et avec un trait encore plus poussé vers la couleur nerveuse, belle et un encrage fort.
80 pages – 17,90 €