Le 21 mai 2018
Un western de série, plutôt pataud, réservé aux collectionneurs du genre.


- Réalisateur : William Castle
- Acteurs : Irving Bacon, James Seay, George Montgomery
- Genre : Western
- Nationalité : Américain
- Distributeur : Columbia
- Editeur vidéo : Sidonis Calysta
- Durée : 1h13mn
- Box-office : 688 566 entrées France / 120 534 entrées P.P.
- Date de sortie : 6 octobre 1954

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– Sortie DVD : le 31 mai 2018
– Année de production : 1953
Résumé : En 1759, pendant le conflit franco-indien, le Commandant Robert Rogers appelle au renforcement militaire à Albany dans l’État de New York pour tenir les Indiens éloignés jusqu’à ce que l’armée régulière soit prête à monter vers le Nord.
Notre avis : Dans l’invraisemblable carrière de William Castle, Fort Ti ne fait pas partie des titres les plus connus, de même qu’on associe plus son nom à des films d’horreur faciles qu’au western, genre qu’il a portant pas mal fréquenté. Cette œuvre modeste, originale seulement par le fait qu’elle ait été tournée en relief, ce qui vaut quelques plans censés faire sursauter, n’a rien d’inoubliable, tant elle cumule les défauts et les clichés. Certains problèmes s’expliquent par le manque de moyens, comme la pauvreté des scènes de combat ; on attribuera les autres au scénario, au manque de charisme des interprètes, ou à la réalisation.
Si l’époque choisie (1759) rappelle Le grand passage, la comparaison s’arrête bien vite devant le manque évident de souffle et d’ambition : au lieu d’une épopée, on a une banale histoire de traîtres, plutôt mal construite. Castle ajoute à la caricature permanente une absence de rythme patente, et le monolithique George Montgomery n’est pas taillé pour un rôle aussi important. Ajoutons à cela des Indiens très méchants, mais heureusement balourds, les longs tunnels dialogués et même, si l’on veut rire un peu, des Français qui baragouinent une langue incompréhensible, trois ridicules chauves-souris et un faux raccord plus que visible.
Soyons charitable : on pourra sauver la belle séquence du suicide de la femme de François, tel détail amusant (le traître qui veut que son interlocuteur s’assoie pour le dominer, ou ses sangsues dans un bocal). Le reste, pour reprendre la terminologie de Patrick Brion, est moins « sympathique » que désespérément plat.
Les suppléments :
Avec l’habitude, on comprend que la présence du seul Patrick Brion donne un indice sur la qualité du film. De fait, celui-ci est jugé « sympathique », ce qui n’est pas enthousiasmant. Mais ce sont les informations qui font le sel de ce bonus : les westerns de 1953, les différentes carrières de William Castle, le contexte de la montée de la télévision. À côté, la galerie photos (21 affiches assez redondantes) fait plutôt pâle figure.
l’image :
Bien sûr, l’âge du film et sa rareté expliquent la qualité moyenne de la copie : quelques parasites, des couleurs affadies et variables à l’intérieur d’une même séquence, un manque évident de précision dans les plans d’ensemble… Rien de rédhibitoire, mais rien d’enthousiasmant.
Le son :
Les dialogues en VO ont beaucoup de présence, au détriment parfois des bruitages, et la musique souffre de certaines acidités. La VF d’époque a plus mal vieilli.