L’usine fantôme
Le 8 mai 2012
Les ouvriers ont perdu leur combat, trop petits face à la logique du profit, mais leurs mots de colère ont encore la valeur de témoignages d’un autre temps. Aux spectateurs d’écouter leur voix à partir du 9 mai dans les salles obscures.

- Réalisateurs : Christine Thépénier - Jean-François Priester
- Genre : Documentaire
- Nationalité : Français
- Durée : 1h18mn
- Date de sortie : 9 mai 2012

L'a vu
Veut le voir
Les ouvriers ont perdu leur combat, trop petits face à la logique du profit, mais leurs mots de colère ont encore la valeur de témoignages d’un autre temps. Aux spectateurs d’écouter leur voix à partir du 9 mai dans les salles obscures.
L’argument : Durant plus de 140 jours, les ouvriers de Legré-Mante ont occupé « leur » usine, leader sur le marché mondial d’acides tartriques pour dénoncer une liquidation frauduleuse, manifester leur colère et réclamer justice...
Ils n’ont rien obtenu de ce qu’ils demandaient et ont perdu aussi le procès en appel de la décision du tribunal de commerce qui avait prononcé la liquidation judiciaire.
Pourtant quand on voit l’état d’abandon des bâtiments et des ateliers, pas besoin de beaucoup d’explications pour comprendre dans quelles conditions travaillaient les ouvriers de Legré-Mante. Pas besoin non plus de beaucoup de preuves pour penser que cette fermeture était planifiée depuis longtemps et cela pour des questions de profit à court terme : en l’occurrence la vente du terrain idéalement situé face à la mer au pied du futur parc des calanques à Marseille.
Notes : Christine Thépenier est partie des témoignages des ouvriers de son quartier, à Marseille, pour élaborer et réaliser ce long-métrage. Prenant le parti-pris du "calme" plutôt que de la tempête, la cinéaste a rencontré ces hommes et ces femmes en dehors de l’effervescence médiatique qui a accompagné cette affaire à l’époque des faits. Attachée aux mots tout autant qu’aux images, Christine Thépenier a choisi de donner une importance égale au travail de prise de son (ce qui explique que l’ingénieur du son Jean-François Priester soit également crédité comme réalisateur) et à se laisser surprendre par les gestes de ces ouvriers, en colère contre un système qui les a oubliés, mais aussi nostalgiques d’un passé qui ne leur appartient plus. La réalisatrice s’était déjà faite remarquer en 2008 avec le docu Petites et grandes soustractions, sur les réformes inégalitaires du système d’aide sociale.
DISPARAISSEZ LES OUVRIERS - Bande-annonce VO par