Le 20 mars 2021
Dans une juxtaposition d’images à la force évocatrice, l’artiste Astrid de la Chapelle évoque les différents états de la matérialité.


- Réalisateur : Astrid de la Chapelle
- Genre : Court métrage, Expérimental
- Nationalité : Français

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Résumé : Au départ, il y a une simultanéité. Un fossile marin de crinoïde mis à jour près du sommet de l’Everest, un célèbre alpiniste britannique qui s’évapore et un leader russe qui s’éteint sont le point de départ d’une histoire de la transformation de la matière. Dans un vaste mouvement, les matières terrestres se brassent et se métamorphosent, les échelles et les temporalités se télescopent et les corps humains se nichent au creux des grands processus terrestres.
Critique : La vie organique rejoint la vie minérale dans un flot d’images fixes ou animées comme un rêve presque hallucinatoire, où se juxtaposent les époques et les lieux. Les différents états de la matière se déclinent en séquences qui en incarnent soit la métamorphose visible, soit la persistance éternelle et symbolique : ainsi, le cadavre embaumé de Lénine, luisant dans la pénombre, se trouve disséminé en autant de fragments anatomiques et métonymiques, symboles d’une plus vaste idée, à laquelle la pierre du mausolée répond en écho. Le film de l’artiste plasticienne évoque aussi la persistance d’un autre corps, celui d’un alpiniste retrouvé soixante-quinze ans après sa disparition sur les flancs de l’Everest, figé par le froid.
Les matières transformées par la main humaine, les hommes fossilisés par des processus naturels ou artefactuels condensent les effets du temps dans une pulsation quasi hypnotique.