Le 29 novembre 2011

A l’occasion de la sortie du Cheval de Turin, l’oeuvre du réalisateur hongrois culte est décryptée par le philosophe cinéphile Jacques Rancière.
A l’occasion de la sortie du Cheval de Turin, l’oeuvre du réalisateur hongrois culte est décryptée par le philosophe cinéphile Jacques Rancière.
Analyse pertinente d’une filmographie méconnue des cinéphiles, Béla Tarr, le temps d’après, ouvrage critique publié par Capricci, offre enfin une introspection digne de ce nom dans la nébuleuse filmique du cinéaste hongrois qui sera célébré tout au long du moins de décembre 2011 au Centre Pompidou, à Paris.
Jacques Rancière, professeur en philosophie à Paris VIII, parcourt l’intégralité d’une oeuvre de plus de 34 ans, depuis les premiers films sociaux, critiques du socialisme, jusqu’aux oeuvres contemplatives formalistes, où à chaque fois, ressort le même souci de réalité telle que la vit l’Homme, dans son intrinsèque misère et son insupportable solitude.
Du rôle de la musique lancinante aux thématiques récurrentes, l’ouvrage d’analyse filmique tisse des liens étroits entre chaque jalon du cinéaste, jusqu’à son ultime métrage, Le cheval de Turin, récompensé à Berlin. Personnages, lieux, structures sont passés aux cribles dans un style d’écriture fluide qui refuse pourtant la facilité chronologique.
Rancière appose des mots aux silences intransigeants du réalisateur de Damnation et à sa vision formaliste de la condition humaine. On en ressort encore plus amoureux d’une vision du cinéma absolue, entre documentaire, peinture et photographie, où la désespérance est palpable à chaque image.
Béla Tarr, le temps d’Après, par Jacques Rancière, aux éditions Capricci (88 pages, 7.95 euros)