Les grandes reprises
Le 10 janvier 2008
Trois jeunes appelés durant la guerre d’Algérie. Retour sur un passé qui torture.

- Réalisateur : René Vautier
- Acteurs : Philippe Léotard, Yves Branellec, Alexandre Arcady, Jean-Jacques Moreau
- Genre : Drame, Film de guerre
- Nationalité : Français
- Distributeur : DHR - À Vif Cinémas, Unité de Production Cinématographique Bretagne (UPCB)
- Durée : 1h40mn
- Date télé : 15 juin 2022 22:29
- Chaîne : Ciné+ Classic
- Reprise: 3 octobre 2012
- Date de sortie : 12 mai 1972
- Festival : Festival de Cannes 1972

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Résumé : Trois jeunes appelés français durant la guerre d’Algérie. Au départ réticents et pacifistes, ils vont peu à peu découvrir les horreurs du conflit. Deux d’entre eux participeront à la dérive "ordinaire" de la "pacification". Le troisième désertera...
Critique : "Je crois qu’il faut vivre avant de raconter", a confié récemment René Vautier au site africaculture.com, au sujet d’Avoir vingt ans dans les Aurès qu’il qualifie de "film d’intervention sociale", dans ce sens qu’aucun Algérien n’avait été formé pour s’exprimer par le cinéma en cent trente ans de colonisation et que son devoir était "d’être à leur côté pour refléter leur vécu". L’histoire de la sortie de ce film de fiction, basé sur des témoignages d’appelés, donne une idée du climat qui régnait en France - celui de la loi du silence - dix ans après les accords d’Évian. Censuré malgré son prix de la critique internationale au Festival de Cannes, il ne sera projeté en salles qu’après une grève de la faim du cinéaste.
Pour autant, peut-on dire, quarante ans après l’indépendance de l’Algérie, que la situation a véritablement changé ? Disons que le coin du voile se lève et que l’appel à la condamnation de la torture, lancé en 2000 par douze intellectuels français, anciens militants de la cause algérienne (dont Henri Alleg, auteur de La question), a provoqué un début d’exigence de vérité. Disons que les nombreux films et débats télévisés diffusés à l’occasion des quarante ans des accords d’Évian (en particulier L’ennemi intime de Patrick Rothman), font que les Français ont accès maintenant à une part de leur Histoire qui jusque là leur était cachée. Disons qu’enfin l’Assemblée nationale a reconnu que cette "opération de police" était une guerre, que cette guerre qui ose enfin dire son nom a été inscrite au programme d’Histoire de l’Education nationale. Un faisceau d’éléments positifs qui font que l’énorme point d’interrogation des Français commence à se rétrécir. La nouvelle sortie d’Avoir vingt ans dans les Aurès, dans ce sens, participe à cette indispensable opération de désaveuglement sur un passé qui torture...