Le 25 mai 2018


- Scénariste : Ricardo DELGADO>
- Dessinateur : Ricardo DELGADO
- Genre : Document
- Editeur : Casterman
- Famille : Comics
- Date de sortie : 2 mai 2018
Une immersion dans le monde des dinosaures, à vous glacer les veines de sang bien froid.
Résumé : Au cœur du Cétacé supérieur, un spinosaurus tente de se nourrir, d’aimer et avant tout de survivre. Entre les lourds pas des Paralititans, les petits sauts des charognards en tout genre et les bonds de rares compagnons, c’est tout un écosystème et une faune disparus qui s’agitent, s’affrontent et s’entremêlent.
Écrire une histoire sur les dinosaures, sans être Michael Crichton, et donc sans humains, n’est pas une chose aisée. Ce challenge, Ricardo Delgado l’a relevé. Trois fois. Chaque histoire ne comporte pas une seule parole, pas une seule bulle, mais a d’autres atouts, parfaitement exploités. Dans celle-ci le dinosaure principal est un spinoraurus au museau balafré, ne semblait pas un héros bardé de qualités. Son air forcément reptilien, ses dents acérés, ses ruses perverses en font par ailleurs avant tout un prédateur. Pourtant, il va réussir à devenir le personnage préféré du lecteur de cette tranche de vie, qui voit les seuls herbivores du lot, les géants quadripèdes, être peut-être les plus antipathiques de tous. Les tactiques de chasse, les efforts de dissimulation, d’éducation et même de reproduction sont autant de scènes qui se suivent, en apparence sans ordre, mais avec un effet de cycle de la vie qui se confondrait avec le rythme d’un western spaghetti, dont l’auteur est très friand, voire la cavale d’un ronin désabusé. Le héros solitaire tâche par tous les moyens de survivre, a même droit au milieu à sa scène torride, mais aussi ses moments de peur, de doute, sans oublier la violence, omniprésente.
© Casterman
Car la violence est le maître mot de l’ouvrage, fait de sang dégoulinant, de coups de dents et des chair enfoncée. Le moment du carnage infanticide, situé en milieu de l’album, est en cela horrible, dévastateur d’écarlate et du jaune infernal des yeux. Parenthèse pourpre, qui ne doit pas occulter le travail des couleurs, contrastées, bigarrées, pimpantes, seule liberté que s’est offert l’auteur, tant il respecte par ailleurs les formes, corps et habitudes de ces animaux effrayants, qui ont si longtemps dominé la Terre.
© Casterman
Ce comic, qui ouvre de fort belle manière la nouvelle collection de comics Casterman, est muet, coloré et complet. Tel un documentaire, il plonge dans le chaos Darwinien d’une époque, montrant que la Nature est tout sauf un endroit juste et idyllique, mais où la raison du plus fort ou du plus rusé est la seule qui importe. Une vision d’un Eden reptilien pénétrante de réalité, d’animalité et de violence.
136 pages -16 €