Conte du hall F
Le 22 juin 2009
Une comédie légère qui nous montre la banlieue telle que la vit l’un de ses habitants, sans pathos ni démagogie.


- Réalisateur : Malik Chibane
- Acteurs : Jackie Berroyer, Frédéric Diefenthal, Anémone, Mohamed Fellag
- Genre : Comédie
- Nationalité : Français

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– Durée : 1h30mn
Une comédie légère qui nous montre la banlieue telle que la vit l’un de ses habitants, sans pathos ni démagogie.
L’argument : Le rappeur d’une HLM privatisée de banlieue n’a plus que quelques jours pour terminer un album qu’il doit remettre à sa maison de disques. L’inspiration lui manque. Il essaie de trouver des idées en regardant vivre ses voisins d’immeuble mais il ne se passe rien. Alors, il va faire en sorte qu’il se passe quelque chose, en forçant la porte de sa voisine. Histoire de réveiller tout ce petit peuple.
Notre avis : Dans cette "fable hip-hop", Malik Chibane interroge la banlieue, celle de tous les jours, qu’il côtoie. Loin des titres à sensation des journaux télévisés, c’est d’un tout petit monde qu’il nous parle. Ses personnages sont des voisins de pallier, ils n’ont rien fait d’extraordinaire, ni en bien ni en mal, et n’aspirent qu’à la paix : pour l’une ce sera devenir propriétaire, pour l’autre se faire enterrer face à La Mecque. Les tracasseries et les mesquineries sont leur lot quotidien, qu’ils entretiennent savamment, en un mélange de bonhomie et de ratiocinations rendu avec brio par toute une troupe d’acteurs enjoués et par un humour distillé par fines touches.
Malgré quelques longueurs, on prend plaisir à partager ces quotidiens durant une heure trente et le réalisateur parvient, tout en restant dans le classicisme quant à la forme (qui s’apparente à celle de nombreuses comédies plus ou moins dramatiques faites de petits riens et de bons mots, de succession de plans comparatifs), à donner une vision personnelle et tendre de la banlieue et plus généralement du voisinage. De bonnes trouvailles émaillent le film, quelques envolées plus spécifiquement cinématographiques se font jour (par exemple lorsqu’on croit que la chanson des taggeurs de cages d’escaliers va se transformer en comédie musicale à la Demy) qui donnent envie d’encourager leur auteur à plus d’audace encore.