Le 28 avril 2022
Avec ce qu’il faut de fantaisie, The Wave brouille les certitudes et perturbe les perceptions, avec le plus grand soin. Jouissif.


- Réalisateur : Gille Klabin
- Acteurs : Justin Long, Bill Sage, Donald Faison, Sheila Vand, Katia Winter, Tommy Flanagan
- Genre : Fantastique, Film catastrophe
- Nationalité : Américain
- Distributeur : Epic pictures
- Durée : 1h27mn
- VOD : Canal VOD, Orange
- Date télé : 22 janvier 2025 21:10
- Chaîne : 6ter
- Date de sortie : 8 juillet 2020

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Résumé : À la veille d’une réunion capitale pour sa jeune carrière d’avocat d’affaires, Frank se voit proposer de sortir s’amuser. Contre toute attente, il accepte, et s’embarque dans une soirée qui dérive, durant laquelle il ingère une drogue hallucinogène dont il peine à maîtriser les multiples effets…
Critique : Il est bien difficile, même en étant de bonne volonté, d’avoir entendu parler de The Wave. Qui a abordé le film ? Qui l’a mis en avant ? Il n’en demeure pas moins accessible aux spectateurs français en location, ou par le biais de Prime Video, FilmoTV et autres Shadows. En faisant défiler compulsivement les catalogues infinis de ces plateformes, le spectateur n’est pas à l’abri de cliquer sur l’affiche kaléidoscopique de The Wave, qui le représente assez bien. Grand bien lui prenne !
Se basant sur un pitch simple et efficace, le film se suit avec le plaisir et l’excitation de la surprise permanente. En excellente série B bien intentionnée, il ne perd jamais son intérêt, et se refuse à lésiner sur l’exigence formelle qui crédibilise son univers bigarré. Poussant parfois jusqu’à l’expérimental en restant très abordable, l’œuvre réussit sur un terrain glissant : stimuler nos sens en reproduisant leurs altérations, aussi bien visuelles que sonores.
- © 2022 Epic Pictures Group |All Rights Reserved
Gille Klabin emballe le tout avec enthousiasme, certes sans permettre à ses comédiens de se transcender. Mais il leur offre un une mise en scène suffisamment dynamique et tenue pour qu’ils s’éclatent. Osant les effets de style en pagaille, Klabin s’amuse à nous désorienter et à jouer avec nos repères temporels.
Déroutant notre partie rationnelle, Klabin y prend plaisir à grand renfort de couleurs vives et d’une bande originale qui nous laissera une merveilleuse impression de flottement. Par-dessus tout, il parvient à imposer des visions très marquantes qui empêchent le film de s’évaporer de notre mémoire. En faisant mine d’abolir la logique, Klabin ne fait que redéfinir les contours de l’intelligible, qui est toujours dépositaire de nos perceptions.
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Enfin, il infuse à son récit une quête de sens et de repères qui permet l’identification au protagoniste. Qu’est-on censé rechercher ? En effet, une errance de personnage n’est jamais qu’une occasion de le remettre en question. Et nous de nous demander : mais après quoi, au fond, peut bien courir Frank ?
Nous, en tout cas, prenons plaisir à courir après lui.