Le 26 juillet 2024
Plutôt bien vu, en dépit de l’affiche tapageuse, The Creator, contrairement au principe développé dans la franchise Terminator, réinvente en quelque sorte le cinéma d’aventure et de science-fiction.


- Réalisateur : Gareth Edwards
- Acteurs : Ken Watanabe, Allison Janney, Gemma Chan, John David Washington, Marc Menchaca, Sturgill Simpson
- Genre : Drame, Science-fiction, Aventure
- Nationalité : Américain, Britannique
- Distributeur : The Walt Disney Company France
- Durée : 2h13mn
- Date télé : 9 février 2025 20:50
- Chaîne : Ciné+ Premier
- Date de sortie : 27 septembre 2023

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Résumé : Dans un futur proche, humains et intelligence artificielle (IA) se livrent une guerre sans merci. Soldat américain infiltré en Asie, Joshua est séparé de sa femme Maya au cours d’un assaut. Supposant que celle-ci est décédée, il rentre aux États-Unis, complètement dévasté. Cinq ans plus tard, l’armée lui demande de revenir sur le terrain, craignant qu’une puissante intelligence artificielle n’ait créé une arme qui permette à l’Orient de gagner la guerre qu’elle livre à l’Occident. Sentant son utilisation proche, elle souhaite qu’il la trouve et la détruise. Lorsque la colonelle Jean Howell apprend à Joshua que Maya est peut-être en vie et qu’elle se trouverait dans la zone de combat, celui-ci trouve soudainement un nouvel enjeu dans cette mission qu’il avait tout d’abord accepté à contrecœur. Cependant, peu après son arrivée en Asie, il découvre que l’arme en question n’est autre qu’une petite fille de six ans prénommée Alphie. Dès lors, Joshua commence à remettre en question ses convictions sur l’IA : Où est la vérité ? Que lui a-t-on caché ?
Critique : Les témoignages se multiplient en termes de risques que l’intelligence artificielle et les robots dépassent ceux qui les ont créés, à savoir les êtres humains. The Creator surfe exactement sur cette thématique inquiétante, sinon qu’en effet, les machines se sont autonomisées et se livrent à une bataille sans fin contre les créatures humaines. L’action se passe en 2065, à peine demain en quelque sorte. Les I.A. survivent sur le continent asiatique, à la suite du déclenchement d’une bombe atomique à Los Angeles. L’État américain leur a déclaré la guerre, et pas au peuple asiatique comme le précise non sans humour le film, à travers un héros noir, Joshua (John David Washington).
- Copyright 2023 20th Century Studios. All Rights Reserved.
Il n’est pas facile de résumer le récit. Le scénario a priori complexe finit par devenir limpide et l’on pressent très vite le renversement de position du héros, le mal n’étant pas forcément du côté des robots. L’aventure guerrière s’engage dans une longue fuite de Joshua à travers les contrées autant naturelles qu’hyper urbanisées de l’empire asiatique, où l’homme doit trouver, à l’issue, la figure disparue de son amante, Maya. Une nouvelle fois, le fait que le héros soit noir est une vraie réjouissance. Enfin, le cinéma américain se départit de la caricature de l’homme blanc, nourri aux hormones, et naturellement hétérosexuel. Joshua est un vétéran américain très loin des clichés du genre. Il a subi les dommages de l’attaque nucléaire, et offre un corps amputé que la médecine compense par des prothèses d’un nouveau genre. Gareth Edwards aborde en quelque sorte la question générale de la discrimination, présentant un protagoniste afro-américain, et en situation de handicap moteur. Plus profondément, le réalisateur s’attache avec subtilité à traiter la question sensible du séparatisme, mettant en opposition des identités culturelles et sociales qui trouvent leur apothéose dans les corps quasi humains des robots.
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L’ambition de Gareth Edwards est de mélanger l’aventure à une certaine réflexion philosophique, toute proportion gardée, dans des paysages absolument splendides. La dimension écologique est assez ignorée par contre, mettant sur le même plan des contrées naturelles et une urbanisation à l’excès. L’engin monstrueux qui abat les I. A. depuis le ciel fait écho à l’univers de Star Wars auquel s’était attaqué le réalisateur en 2016. La réalisation est impeccable, les images sont magnifiques et le rythme ne souffre d’aucun dialogue de trop. Bref, le plaisir est évident dans une œuvre énergique qui offre au spectateur le droit d’assumer de se détendre et de trembler dans cette fuite contre la mort.
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Il est important de souligner le progrès incontestable des images de synthèse dans ce type de films. Les engins de guerre, qu’ils soient sur terre ou dans le ciel, sont d’une remarquable précision. Les décors, doublés également d’effets spéciaux, sont absolument grandioses et ne souffrent d’aucune faute de goût. Une part belle est donnée aux enfants et aux personnages féminins, fait rare dans ce type d’histoire, à travers des personnages qui peuvent endosser le rôle de sauveuses ou au contraire d’opposantes. Maintenant, il ne faut surtout pas voir dans ce film une réflexion intellectuelle puissante. Le plaisir des yeux et des oreilles est convoqué, et c’est tout à fait suffisant.