Le 20 octobre 2016


- Scénariste : Osamu Tezuka>
- Dessinateur : Osamu Tezuka
- Genre : Drame, Fantastique, Seinen
- Editeur : Éditions FLBLB
- Famille : Manga
- Date de sortie : 18 août 2016
Une réécriture manga du célèbre classique de la littérature allemande
Osamu Tezuka n’a pas pu terminé son œuvre. Son Néo Faust restera inachevé, mais pourtant plein de sens et de poésie, au même titre que la pièce de Goethe. Le thème du pacte avec le diable n’est pas neuf, n’est pas exploité de manière totalement originale, mais le seul fait de voir un pentagramme au beau milieu d’une université japonaise au milieu des années 70, avec quelques bribes de latin, laisse le lecteur amusé, curieux et intrigué. Pourtant, il est difficile de voir le but recherché de manière claire pour Osamu Tezuka : les planches ont cet aspect de manga rétro, typique des années 80-90, les visages rappelant par exemple Olive et Tom par certains côtés, et le scénario oscille entre ellipses impressionnantes et scénettes très détaillées. Les aventures du professeur Ichinoseki, qui souhaite à la fois éclaircir le grand mystère de la vie et retrouver ses jambes de vingt ans, sont tantôt partiellement tragiques, tantôt franchement comiques. Les rebondissements sont légions, le diable surprend par ses transformations, dans un paradoxe attraction-répulsion qui lui est finalement propre. Les clins d’œil à l’histoire japonaise, et notamment le développement de Tokyo au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, contribuent à créer une atmosphère plutôt sérieuse, tout comme le sujet abordé, mais ces éléments sont rapidement effacés par les moues répétitives et les injections exagérées des différents personnages, et notamment par le héros, naïf, lunaire et toujours en quête de chimères.
© FLBLB
Petit bémol pour le dessin, qui ne permet pas (et c’est un avis très subjectif) de complètement s’immerger dans l’histoire. Pas assez d’action véritable, des dialogues pas toujours clairs, des scènes qui semblent se répéter, ou parfois exagérées quelques éléments qui ne paraissent pas bien avancer, ou dans tous les sens, la cohérence artistique est là mais elle ne convainc pas entièrement. Le noir et blanc touche peut-être ses limites, beaucoup de planches étant par exemple trop blanches, sans contrastes, sans détails de décors, pour être vraiment attractives. Mais sur une œuvre aussi colossale (plus de 400 pages, et elle n’est pas terminée !), il aurait été difficile de donner davantage pour l’auteur...
© FLBLB
Quoiqu’il en soit, Néo Faust est un ouvrage complet (malgré son absence de fin), un poil répétitif (mais finalement comique), avec un message absolu et intemporel (contrairement à son dessin), et une belle trouvaille des éditions FLBLB. Comme quoi la vie et le rêve sont autant de sujets qui ne lasseront jamais les écrivains, du monde entier et de toutes les époques.
424 pages - 20€