L’identité de l’ennui
Le 14 décembre 2011
Piètre rendu de huis-clos, Lost identity se révèle être une oeuvre dérisoire et dépourvue d’intérêt.


- Acteurs : Caroline Dhavernas, Adrien Brody, Ryan Robbins
- Genre : Thriller
- Nationalité : Américain, Canadien
- Editeur vidéo : ICO Video
- Durée : 1h31mn
- Titre original : Wrecked

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Piètre rendu de huis-clos, Lost identity se révèle être une oeuvre dérisoire et dépourvue d’intérêt.
L’argument : Un homme se réveille dans une voiture accidentée, bloqué dans un ravin,les jambes coincées, sans souvenir de l’accident ni de son identité. Ses seuls compagnons sont une radio qui passe un flash info à propos d’un violent braquage de banque qui a mal tourné et un cadavre à l’arrière du véhicule, dont la mallette qu’il tient l’identifie comme l’un des auteurs du braquage. Rapidement, il doit répondre à ses besoins vitaux et tenter de survivre dans un environnement sauvage.
Notre avis : A mi-chemin entre 127 heures et Sans identité, Michael Greenspan s’essaie avec Lost identity à un style cinématographique dans l’air du temps. Pour son premier long-métrage, le réalisateur a entrepris d’expérimenter conjointement le genre du huis-clos et celui du survival. Un pari hasardeux qui se solde par un véritable fiasco, à des années-lumière de l’excellent Buried.
Insuffler de l’ardeur, voire quelques étincelles de passion, à une situation statique relève indubitablement de l’exercice de style. L’enjeu crucial des réalisations du genre va donc résider en l’aptitude du cinéaste à captiver son auditoire. Or, le peu d’intérêt que suscite le visionnage de Lost identity laisse au spectateur la désagréable sensation d’avoir perdu son temps.
Outre une lenteur presque intenable, le long-métrage est mis à mal par une intrigue totalement dépourvue d’originalité. Les multiples invraisemblances favorisent encore la perte de crédibilité du film. A titre d’exemple, on évoquera la scène où le protagoniste s’extirpe tant bien que mal de la carcasse d’une voiture encastrée dans le creux d’un vallonnement. Celui-ci se dirige alors sans l’ombre d’une hésitation vers le coeur de la forêt, au lieu de regagner la route dont il a dévié, comme le ferait toute personne douée de sens commun. L’apparition de chimères engendrées par l’esprit troublé du personnage est à la limite du risible, tout comme l’est le twist final, convenu et sans surprises.
Lost identity trouve sa seule vertu en la performance de son acteur principal. Adrien Brody (Predators, Giallo) est sans nul doute un excellent comédien, nonobstant le manque de profondeur abyssal du rôle lui ayant été confié. Ce dernier consistant principalement à geindre, ramper et arborer un regard vide ; il ne met pas en exergue les capacités de l’acteur. L’indifférence totale que provoque la condition de son personnage est navrante. L’inefficacité scénaristique est par ailleurs déplorable et échoue lamentablement à nous faire ressentir la faim ou le froid qui taraudent le héros.
Ce long-métrage rassemble donc une succession de plans longs et ennuyeux, tentant vainement d’émouvoir le spectateur à l’aide de métaphores simplistes et réductrices. Un véritable naufrage, auquel on préfèrera de loin Iron doors. Un direct-to-dvd mérité !