Le 17 septembre 2020
Un homme, qui sort de prison, retrouve son amour de jeunesse. Une belle réussite américaine pour une jeune Anglaise, dont c’est le premier long métrage. Un prix du jury mérité.


- Réalisateur : Sabrina Doyle
- Acteurs : Jena Malone, Pablo Schreiber
- Genre : Comédie dramatique
- Nationalité : Américain
- Durée : 1h51min
- Titre original : Lorelei
- Festival : Festival de Deauville 2020

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Résumé : Wayland (Pablo Schreiber) sort de prison où il a passé quinze ans. Complice d’un braquage, il a été le seul à se faire prendre et n’a jamais dénoncé les autres. Ceux-ci, bickers, l’attendent à la sortie de la prison pour faire la fête. Au petit matin, il rejoint un temple protestant, où on lui a trouvé un hébergement provisoire. C’est là qu’il va retrouver Dolores (Jena Malone), son amour de jeunesse, désormais mère de trois enfants, qui participe à un groupe de mères célibataires, aidé par le temple.
- Fabrice Prieur
- Sabrina Doyle au Festival de Deauville
Critique : Prix du jury (ex æquo avec First cow de Kelly Reichardt) au Festival du cinéma américain de Deauville, ce premier long métrage de la Britannique Sabrina Doyle, plonge dans l’Amérique rurale des déclassés de l’ère Trump. Wayland, une armoire à glace, taciturne et taiseux, s’est toujours laissé ballotter par la vie qui l’a conduit vers la délinquance. Dolores, rêveuse et tonique, qui voulait faire partie de l’équipe de natation pour les Jeux olympiques, a aujourd’hui trois enfants de trois pères différents et fait des ménages à mi-temps dans un motel. Leurs retrouvailles vont-elles être une réussite ?
Malgré ce contexte social qui pourrait déprimer, la mise en scène parvient à faire évoluer le récit vers une belle histoire qui ne fonctionnera peut-être pas, mais à laquelle on a envie de croire. Les deux adultes et les trois enfants ont chacun un côté attachant, malgré leurs travers, leurs défauts. Wayland, rustre et maladroit, révèle ses talents paternels ; Dolores, pile électrique et soupe au lait, est capable de décisions fulgurantes. Elle n’a pas perdu son rêve d’une vie meilleure et celui de reprendre la natation.
Les trois enfants, qui peuvent se révéler insupportables, sont aussi très attachants. Leur mère leur a tous donné un prénom composé avec "Blue" : l’aîné, Dogdger-Blue, (Chancelier Perry) qui ne rêve que de rentrer dans l’armée, s’entraîne maladroitement ; la deuxième, Periwinckle-Blue (Amelia Borgerding), est surdouée et espiègle ; et le petit dernier, Denim-Blue (Parker Pascoe-Sheppard), très doux, veut toujours s’habiller en fille, ce que lui vaut des ennuis à l’école.
La fin, sans la dévoiler, s’avère aussi très surprenante, à l’image de ce beau film original et attachant, qui n’a pas volé sa récompense deauvillaise.
- Fabrice Prieur
- Sabrina Doyle présente son film à Deauville