Série noire
Le 12 juin 2024
Film culte trop peu connu en Europe, cette romance criminelle constitue un sommet de la noirceur du cinéma indépendant américain.


- Réalisateur : Leonard Kastle
- Acteurs : Doris Roberts, Tony Lo Bianco, Shirley Stoler, Marie Jane Higby, Marilyn Chris
- Genre : Drame, Thriller, Romance, Noir et blanc, Film culte
- Nationalité : Américain
- Distributeur : Mission
- Editeur vidéo : Seven sept, Hollywood Vidéo (VHS)
- Durée : 1h47mn
- Reprise: 27 juin 2018
- Titre original : The Honeymoon Killers
- Âge : Interdit aux moins de 16 ans
- Date de sortie : 1er octobre 1971

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Résumé : En Amérique, Raymond Fernandez s’inscrit dans plusieures agences matrimoniales afin de se marier. En fait, une fois marié, il détrousse ses épouses et disparaît. Il rencontre, par ce biais, Martha Beck, une femme obèse qui vit seule avec une mère sénile. C’est l’amour fou. Mais lui veut continuer son activité de petit escroc et elle ne veut pas le quitter. Elle abandonne alors sa mère et le rejoint. Pendant que Raymond Fernandez approche de nouvelles postulantes aux mariages, Martha Beck, folle de jalousie, reste à ses côtés, se fait passer pour sa sœur et s’immisce dans l’intimité des couples. On est alors témoin de l’itinéraire choc d’un duo qui passe de l’extorsion aux meurtres.
Critique : Film culte des années 70, basé sur un cas judiciaire réel, cette chronique s’inscrit dans le cadre d’un certain cinéma de la violence, celui des Peckinpah et des Penn, qui constitua un pavé dans la mare du classicisme hollywoodien. Le récit frappe à la fois par son extrême économie de moyens (noir et blanc sobre, montage minimaliste) et son ton délibérément provocant dans le contexte de cette période. Les meurtres des candidates au mariage (et d’une enfant), crus pour l’époque, sembleront aujourd’hui un modèle d’ellipse et de suggestion, tant le hors champ s’avère ici un élément central de la mise en scène. Loin du glamour du couple Faye Dunaway-Warren Beatty de Bonnie and Clyde, Shirley Stoler et Tony Lo Bianco forment un duo d’anti-stars assez surprenant. La passion amoureuse qui les relie n’est pas la trame principale du film mais apparaît en filigrane de plusieurs séquences (la belle scène de la crise de jalousie dans la mer ou celle, très « tragédie antique », de l’aveu de grossesse de l’une des victimes). Les tueurs de la lune de miel fut l’unique métrage de Leonard Kastle. On ne peut que regretter que ce météore de l’histoire du cinéma n’ait pas poursuivi une filmographie après ce coup d’essai transformé en coup de maître.
– Sortie première à New York City : 8 septembre 1969
– Sortie États-Unis : 4 février 1970