Le 14 janvier 2021
Une comtesse parisienne, accompagnée de deux fillettes, arrive en calèche dans le Périgord pour loger dans le château de son oncle. Un récit mi-fantastique, mi-réaliste qui se perd un peu, mais se trouve rehaussé par son exceptionnelle distribution.


- Réalisateur : Serge de Poligny
- Acteurs : Alain Cuny, Jany Holt, Aimé Clariond, Gabrielle Dorziat, André Alerme, Odette Joyeux, André Lefaur , Jean Cocteau
- Genre : Noir et blanc, Drame fantastique
- Nationalité : Français
- Distributeur : Consortium du Film
- Durée : 1h39min
- Date de sortie : 16 juin 1943

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Résumé : En 1826, dans le Périgord, la comtesse de Saint-Hélié (Gabrielle Dorziat) arrive de Paris avec sa fille Elfy et Anne qu’elle a adoptée, pour s’installer chez son oncle, le Baron Carol (Jean Cocteau). Elles sont accueillies par Toussaint (Charles Vissières), le domestique et son jeune neveu. Mais le Baron a disparu !
Critique : En pleine Seconde Guerre mondiale, le cinéma français s’est souvent tourné vers le film d’époque tendance fantastique, évitant ainsi tout sujet contemporain.
Serge de Poligny va travailler avec Jean Cocteau aux dialogues (celui-ci interprète le rôle-titre), pour une fausse histoire de fantômes vécue par deux jeunes filles (Odette Joyeux et Jany Holt), amoureuses du même garçon (Alain Cuny).
Tous les ingrédients sont bien là : un château en haut d’une colline, un peu délabré et plutôt inquiètant, un châtelain qui a eu d’étranges comportements avant de disparaître, deux jeunes filles rêveuses et fantasques et deux jeunes premiers, le soldat pragmatique (Claude Sainval) et le beau ténébreux.
Le film alterne des séquences très réalistes et d’autres quasi oniriques. Dans les premières, on suit un petit monde de nobles un peu déclassés, dont l’un se prend pour Louis XVII, avec leurs petites manœuvres, des alliances qui se font et se défont. Dans les secondes, on vit les rêves éveillés (ou pas) que font des jeunes, qui vont finir par trouver involontairement ce qu’est devenu le baron.
Ce mélange de genre ne profite pas vraiment à ce long métrage, somme toute un peu ampoulé et ennuyeux.
Reste une distribution exceptionnelle : plutôt que l’interprétation de la jeune génération qui, pourtant, ne démérite pas, on retient particulièrement la belle galerie composée de solides acteurs de l’époque que l’on retrouve avec plaisir :
Gabrielle Dorziat incarne un personnage au verbe haut, qui n’a peur de rien et surtout pas des fantômes ! André Alerme joue un militaire à la retraite qui profère des lieux communs avec une conviction toute martiale, Aimé Clariond est un évêque onctueux qui complote en coulisses et André Lefaur endosse le costume d’un faux Louis XVII, mais d’un vrai braconnier, impayable de rouerie et enchaînant les bons mots avec délectation.
Jean Cocteau, bien qu’interprétant le rôle-titre, ne fait finalement qu’une courte apparition, d’ailleurs plutôt outrancière.