La fièvre de l’or
Le 19 avril 2017
Thriller financier au léger parfum d’aventure, cette sempiternelle histoire de réussite et de déclin peut éventuellement justifier le déplacement pour la présence de Matthew McConaughey en tête d’affiche.


- Réalisateur : Stephen Gaghan
- Acteurs : Bryce Dallas Howard, Matthew McConaughey, Édgar Ramírez, Toby Kebbell, Bill Camp, Macon Blair, Corey Stoll, Craig T. Nelson
- Genre : Drame, Aventures, Thriller
- Nationalité : Américain
- Distributeur : Universal - StudioCanal, StudioCanal
- Durée : 2h01mn
- Date télé : 28 août 2023 22:31
- Chaîne : Ciné+ Premier
- Date de sortie : 19 avril 2017
- Festival : Luxembourg City Film Festival

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Résumé : Kenny Wells est un explorateur des temps modernes, magouilleur et rêveur, attendant désespérément que la roue tourne. Dos au mur, Wells fait équipe avec un géologue tout aussi malchanceux pour tenter un dernier coup de poker : trouver de l’or au fin fond de la forêt vierge indonésienne.
Crédit : Inspiration lointaine du scandale sur la Mine d’or de Bre-X Busang qui avait défrayé la chronique, Gold aurait pu finir entre les mains des réalisateurs Paul Haggis ou Spike Lee, un temps rattachés au projet. Mais c’est finalement Stephen Gaghan, réalisateur de Syriana et auteur du script de Traffic, qui en hérite (soulignons que Paul Haggis en restera tout de même l’un des producteurs délégués et exécutifs). On peut y suivre le parcours du magouilleur Kenny Wells (Matthew McConaughey), qui, à l’aide d’un géologue (Édgar Ramírez), décide de partir tenter sa chance dans la jungle indonésienne pour y dégoter une mine d’or.
- Copyright Studiocanal GmbH / Lewis Jacobs
Sur le mode du sempiternel destin d’un homme qui va tutoyer la gloire avant de connaître une chute vertigineuse, Gold ne s’ouvre jamais trop à l’audace, que ce soit en terme de narration (on en décèle trop facilement la mécanique pour être pris par surprise) ou de mise en scène, mais peut se prévaloir d’un casting qui tient parfaitement la route (belle alchimie entre Matthew McConaughey, Édgar Ramírez et Bryce Dallas Howard). Matthew McConaughey va quant à lui marquer les esprits en portant le film de la première à la dernière minute sur ses larges épaules. L’acteur est un habitué des transformations physiques, et c’est d’ailleurs, rappelez vous, grâce à l’une d’entre elles qu’il avait raflé un Oscar en 2014 pour sa poignante prestation dans le Dallas Buyers Club de Jean-Marc Vallée. À nouveau métamorphosé (bedonnant et atteint de calvitie), il délivre une nouvelle partition intense avec ce rôle de gros veinard rattrapé par le système, qui pourrait, pourquoi pas, l’envoyer dans la course à la prochaine statuette.
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Hélas, dans l’ensemble, Gold ne parvient pas toujours à embraser son sujet comme il le devrait, sous-estimant parfois son public, la faute à l’utilisation de quelques grosses ficelles incorporées à son armature. À trop vouloir se montrer bavard et aussi peu démonstratif dans sa seconde moitié, il passe très certainement à côté de quelques moments d’exception. L’autre reproche que l’on peut faire au film de Stephen Gaghan, c’est qu’il accuse une véritable absence de culot derrière la caméra (on adhère bien plus à la première partie indonésienne exaltée par le cadre qu’au retour plein aux as dans les bureaux). À bien y regarder, voici une œuvre qui, placée entre les mains d’un cinéaste plus chevronné doté d’un vrai regard, aurait pu permettre de combler certains manques, histoire d’engendrer une vraie pépite et laisser le spectateur un peu moins passif.