Le 13 février 2019
Un court métrage sympathique mais banal, porté par le flegme sarcastique de Gaspard Proust.


- Réalisateur : Benoit Forgeard
- Acteurs : William Lebghil, Gaspard Proust, Benjamin Wangermée
- Genre : Comédie, Court métrage
- Nationalité : Français
- Durée : 0h13min

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Date de sortie : 2012
Résumé : Michel souffre d’une étrange pathologie. Une forme de racisme rare et parfaitement désuète : la haine de l’Anglais. Ce travers, obsessionnel, l’a conduit à monter une association (dont les seuls membres sont, en dehors de lui, son frère et un copain), et à mener des opérations commando (recouvrements de termes anglais par des autocollants, vente à la sauvette d’une revue violemment anti-britannique). Suite à la découverte d’un article de presse au sujet d’une bande d’Anglais anti-Français arrêtés dans l’Eurostar, tandis qu’ils se livraient à une sodomie symbolique du territoire français en allant et venant par le tunnel sous la Manche plusieurs fois par jour (!), Michel décide de se rendre pour la première fois de sa vie en Angleterre, afin, à son tour, d’y « fucker » le Royaume-Uni. Ira-t-il jusqu’au bout de ce processus absurde ? Et quel est véritablement le moteur de sa haine ? N’entend-on pas, derrière tout ce grabuge, les battements d’un cœur malhabile ?
Copyright Eccefilms, 2012
Notre avis : Ce court métrage amusant mais sans aucune originalité fait partie de ces curiosités oubliables qu’on avale comme un apéritif. L’œuvre, réalisée par l’iconoclaste Benoît Forgeard, se joue évidemment des clichés sur l’Angleterre, en même temps qu’il met en scène, sur un mode outré, le patriotisme franchouillard d’un jeune homme pourtant habillé... à l’anglaise, avec un pull à col roulé qui ne l’aurait absolument pas exclu du Swinging London des années 60. Mais le film n’a rien à proposer qu’un ramassis de gags poussiéreux où forcément, le détracteur de la perfide Albion s’en prendra à la pochette d’Abbey Road, en même temps qu’il paiera en francs à un épicier pourtant accorte. Flanqué de deux comparses aussi idiots que lui, mais moins prétentieux, Michel se souvient de la bataille d’Austerlitz, tente de vendre une sorte de fanzine anglophobe en pleine rue, et s’engueule avec sa copine londonienne.
C’était donc le nœud de l’affaire : son obsession antipathique cachait une relation sentimentale. Dès lors, il ne restera plus qu’à organiser les retrouvailles des deux amants à Piccadilly Circus, dans un Londres filmé comme un dépliant touristique.
On sent que Forgeard, nourri aux Beaux-Arts, essaie de flirter avec une forme de surréalisme. Mais ce film très sage ne quitte jamais la route dessinée par son scénario. Une scène, une seule témoigne de ce que Fuck U.K aurait pu être : l’apparition d’une fausse mère, derrière une porte, visage géant, menaçant à souhait. Le reste n’est pas assez audacieux pour surprendre au-delà du divertissement.