Le 7 septembre 2015
Philippe Ramos revient avec un film rafraîchissant, à la mise en scène tirée au cordeau.


- Acteurs : Dominique Blanc, Melvil Poupaud, Diane Rouxel
- Genre : Comédie dramatique
- Nationalité : Français
- Durée : 1h37mn
- Titre original : Fou d'amour
- Date de sortie : 16 septembre 2015
- Plus d'informations : Fou d’amour

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Philippe Ramos revient avec un film rafraîchissant, à la mise en scène tirée au cordeau.
L’argument : 1959. Coupable d’un double meurtre, un homme est guillotiné. Au fond du panier qui vient de l’accueillir, la tête du mort raconte : tout allait si bien ! Curé admiré, magnifique amant, son paradis terrestre ne semblait pas avoir de fin.
Notre avis : Fou d’amour est un film ambitieux, drôle, certes un brin bancal, mais qu’il faut aller voir.
Tout débute dans le couloir de la mort. Une première scène dans laquelle le jeu intense de Melvil Poupaud (excellent dans un rôle inhabituel et retors) rappelle celui d’Alain Delon dans la dernière scène de Deux hommes dans la ville de José Giovanni. Le condamné à la guillotine a donc la tête tranchée... mais celle-ci prend le relais, se met à parler (trop de voix off !) et à nous raconter son histoire !
Une histoire qui, comme le film, oscille entre la légèreté et la gravité. Une histoire, peu banale, d’un curé de campagne qui excelle autant dans l’art de ciseler des prêches stimulants (que malheureusement le film élude, un des défauts récurrents du métrage) que dans celui de stimuler les villageoises émerveillées par son physique de jeune premier. Ce prêtre iconoclaste et peu moral crée également une école de football, qui fait le bonheur des petits garçons du village, et une école de théâtre où se retrouvent ses ouailles pour passer le temps. Parmi ses fidèles, se trouve une jeune fille aveugle, interprétée avec fraîcheur et candeur par la belle Diane Rouxel (qu’on avait déjà appréciée dans The Smell of us de Larry Clark en début d’année), qui lui fera ’tourner la tête’ plus que de raison !
(C) Alfama Distribution
Fou d’amour est un film bancal qui prend le pari risqué de ne pas choisir entre une grande ascèse de mise en scène (plans au cordeau, peu de mouvements d’appareils, une très belle photo qui rappelle Bresson bien sûr, mais aussi le Pialat de Soleil de Satan, le Chabrol du Boucher ou même le Bruno Dumont de L’Humanité) et un ton drolatique et volontiers amoral. Le film est souvent très drôle (hilarant Jean-François Stevenin en vicaire donneur de leçons mais qui semble en avoir fait de belles !) et se laisse voir sans ennui, même si on sait depuis la première scène que ça va mal finir.
Allez, malgré ses menus défauts, on souhaite un destin des plus radieux à ce film perfectible, mais attachant.