Le 4 septembre 2015
Un film caractéristique de l’Étrange Festival, marginal, fou et jusqu’au-boutiste !


- Acteur : Judd Brucke
- Genre : Expérimental, Inédit (salle, vidéo)
- Nationalité : Britannique
- Durée : 1h24mn
- Titre original : Chernozem
- Festival : L’Étrange Festival 2015

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– Année de production : 2013
– Première française à l’Étrange Festival
Dans la pure tradition de l’Étrange Festival, un film expérimental fou et jusqu’au-boutiste.
L’argument : Dans un monde post-apocalyptique, un homme avec une usine à la place de la tête est poursuivi par des assaillants. Traqué, il tentera par tous les moyens de survivre.
Notre avis : Un film sans dialogues entièrement tourné en VHS, voilà le genre de long-métrage qu’on ne verra nul part ailleurs. Dés notre première journée à l’Étrange Festival, nous aurons donc été initiés à un cinéma marginal et déchaîné. Quasi entièrement musical, sans véritable intrigue, Chernozem ne se regarde en effet pas comme un film ordinaire mais demande au spectateur de prendre goût à son fétichisme pour l’image saturée et granuleuse. Un amour de l’image altérée partagé par Harmony Korine notamment (Gummo) mais qui a plus à voir ici avec une certaine scène nippone, Shozin Fukui (Rubber’s Lover) et Shinya Tsukamoto (Tetsuo) en tête. Des œuvres souvent très musicales, tournées en noir et blanc et caractérisées par un montage épileptique illustrant des mondes urbains chaotiques et dangereux. D’ailleurs, dés la première image de Shernozem, c’est le groupe Einstürzende Neubauten qui est cité par le biais de son logo. Parrains de la musique industrielle et bruitiste, le réalisateur Judd Brucke prend ainsi soin d’assurer sa déférence à toute une scène musicale qui influença aussi la scène nippone précédemment citée. Musique techno assourdissante, rythmiques à bases de bidons en cuivre et au milieu, la lente fuite d’un personnage à la tête d’usine. Mais Chernozem n’est pas qu’un pastiche du Cyberpunk japonais, Judd Brucke prend aussi inspiration dans un passé plus lointain. Par le jeu outrancié des acteurs, le noir et blanc et les costumes, Chernozem tente de faire revivre le cinéma expressionniste allemand. Le grand méchant du film passe ainsi son temps à rire a gorge déployée et est souvent introduit par son ombre. Comme Guy Maddin qui est à l’honneur à cette édition de l’Étrange Festival, Brucke cherche à retrouver la palette visuelle du cinéma muet par l’usage de la VHS. En résulte un film ardu, ultra référencé et incompréhensible. Un trip à réserver aux spectateurs les plus aventureux !
Jodd Brucke © D.R