Patrick Timsit mis en scène par Dominique Pitoiset
Le 15 février 2018
Le livre de la déclaration d’amour d’Albert à sa défunte mère est adaptée pour le thêatre. A lire, à voir ?

- Durée : 1h15mn
- Genre : Théâtre (spectacles)
- Plus d'informations : Le site du Théâtre de l’Atelier

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Résumé : Le Livre de Ma Mère, À 19h du mardi au samedi Représentations supplémentaires : À 16h, les samedis 10 et 17 mars ; À 19h, lundi 12 mars. Au Théâtre de l’Atelier 1 place Charles Dullin 75018 Paris
Notre avis : Entre lectures orchestrées, interpellation du public et une récitation monocorde, Patrick Timsit tente difficilement de livrer l’œuvre simple et profonde d’Albert Cohen.
Le décor : le bureau d’Albert Cohen où il écrivit ce cri d’amour à sa mère défunte. Patrick Timsit en chemise cravate et pantalon années 50 chausse des lunettes écailles « intello » sur le nez pour lire ses notes, il les enlève et les dépose à l’envie, un souvenir arrive et chasse une lecture puis nous plonge dans la vie d’Albert Cohen auprès de sa mère aimante. On pourrait être en 1954 assis dans la pièce à côté de lui en témoin muet.
Mais il y a cet écran aussi grand que le bureau est rectangulaire, ce Mac Book, la porte qui nous permet d’aller et venir du présent au passé, il projette sur l’écran de petits films illustrant un temps joyeux, de vacances en bord de mer, une famille heureuse, les étés du petit Cohen ? Non !!!! Patrick Timsit en maillot de bain. Puis il y a le micro attaché à la ceinture du comédien qui sonorise mécaniquement sa voix.
Un Mac, une enceinte, un écran, pourquoi imposer cette technologie à ce huis clos entre un fils meurtri par la perte de la mère, à cette introspection qui se suffit, à la puissance de l’écriture de Cohen, à ce monologue, à cette ode ?
L’intimité est absorbée par la lenteur du jeu. Six personnes dorment déjà sur leur fauteuil, l’émotion tente d’exister entre les mots touchants et essentiels du témoignage universel donné par l’auteur et la fadeur de la transmission.
Le final et la prière : Mères de toute la terre, Nos Dames les mères, je vous salue vieilles chéries… sonnent justes mais il est trop tard, le spectacle est fini.
Un comédien, un texte, mais l’alchimie ne prend pas, on est concentré, à l’écoute, les mots, le texte nous touchent, la force de l’évidence, le sentiment d’amour le vide et le manque de l’être chéri définitivement absent, tout est là mais le lien ne se fait pas. Le public est resté spectateur, le comédien lui a tendu la main, il ne l’a pas saisie.