Le 22 septembre 2020
Entre le film initiatique et le récit d’aventure, Ailleurs constitue l’opportunité pour son réalisateur de décliner des paysages merveilleux, plus proches du jeu vidéo que du long-métrage d’animation.


- Réalisateur : Gints Zilbalodis
- Genre : Animation, Aventure
- Nationalité : Letton
- Distributeur : Septième Factory
- Durée : 1h14mn
- Titre original : Away
- Date de sortie : 23 septembre 2020
- Festival : Festival d’Annecy 2019

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Résumé : Un jeune garçon se réveille suspendu à un arbre après un accident d’avion. Au loin une grande forme menaçante s’approche de lui. Pour la fuir il se réfugie à l’entrée d’une caverne où l’étrange forme ne parvient pas à le suivre. Dans cette caverne, le jeune homme trouve une carte et une moto qui le poussent à prendre la route pour essayer de rejoindre, de l’autre côté de l’île, le port et la civilisation.
Critique : On ne sait rien de ce jeune homme, sinon qu’il s’est échoué en haut d’un arbre, après un accident d’avion dont il a réchappé grâce à son parachute. Une forme noire, étrange, s’approche de lui, à la fois comme un signe de danger ou de mort, et une invitation à fuir au cœur de paysages exceptionnels de beauté et de grandeur. La forme traque le jeune homme, jusqu’à s’enrouler en boule et absorber dans son intestin sombre d’innocents animaux. Elle répand la mort et le garçon, qui a reçu de ses mains une moto, cherche désespérément à lui échapper.
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Ailleurs est un film sans parole. Il est plus prétexte à dérouler des paysages et des univers merveilleux qu’à tisser un récit structuré. La musique accompagne cette quête initiatique où le protagoniste croise des animaux de toutes sortes. S’agit-il d’une fable écologique ? On ne sait pas vraiment. En tout cas, le jeune cinéaste letton, Gints Zilbalodis, dont c’est la première œuvre sur des écrans de cinéma, compose un tableau animé grandeur nature. Il se régale à jouer avec les couleurs, les formes, les reflets, et les matières issues des paysages féériques. Le ciel se répand partout sur l’écran et s’immisce au milieu de la nature désertée par les êtres humains, comme une possibilité pour le spectateur de rêver et de lâcher prise. D’ailleurs, le troisième chapitre, qui suggère l’accident d’avion s’appelle "Le puits aux rêves", illustrant le projet de faire de cette œuvre un immense cahier d’images oniriques, de musiques et de sons, évoquant presque le fameux texte de Charles Baudelaire, "Correspondances".
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Ailleurs prend le temps. Ce n’est pas un film d’animation proprement destiné aux enfants. C’est un film qui s’offre comme une parenthèse enchantée dans l’effroi de la modernité et de la vitesse. La poésie est le maître-mot de cette balade originale dans un environnement à la fois étrange et familier. Le spectateur aura plaisir à s’abandonner pendant une petite heure à cette lenteur merveilleuse, un peu comme dirait le poète, à suspendre son vol.