J’écris ton nom : noirceur
Le 28 septembre 2005
On a trouvé plus déprimant que Mysterious skin de Gregg Araki.


- Réalisateur : Jacob Tierney
- Acteurs : Nick Stahl, Gary Farmer, Stephen McHattie
- Genre : LGBTQIA+
- Nationalité : Canadien

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– Durée : 1h37mn
– Interdit aux moins de 16 ans
On a trouvé plus déprimant que Mysterious skin de Gregg Araki.
L’argument : Dodge, prostitué masculin héroïnomane, recrute le jeune et beau Oliver qui tombe peu à peu amoureux de lui. Alors qu’Oliver perd son innocence au contact des clients, Dodge est rattrapé par ses démons et devra affronter son passé...
Notre avis : Jacob Tierney n’a pas choisi la facilité pour son premier long métrage en voulant édifier une relecture du Oliver Twist de Charles Dickens dans le milieu des hustlers, prostitués mâles de la rue. Dépressifs s’abstenir : on est plus proche de la veine morose du Gus Van Sant de My own private Idaho que de l’humour trasho-gay d’un Bruce La Bruce (Hustler white). Au-delà des correspondances, Twist tient surtout du film de funambule, toujours sur la corde raide, qui marche sur un même fil mais penche sans cesse d’un côté puis d’un autre. Du début à la fin, on éprouve la sensation que l’on regarde un objet à la fois éminemment conceptuel et complètement libéré.
Le film est soutenu par une violence sourde et austère, quasi irrespirable, et transfiguré par des interprètes, tous formidables jusque dans les scènes les plus dures : retranscrire l’amour secret d’Oliver pour son camarade qui se refuse à lui parce qu’il refoule tout sentiment, jouer sans pathos les excuses de Fagin envers Dodge pour l’avoir frappé ou des retrouvailles ardues entre deux frangins. On a souvent peur que le trivial glauque écrase toutes les situations de sa sourde empreinte mais le réalisateur reste dans la même tonalité nihiliste que le roman de Dickens et filme un théâtre pathétique de poupées brisées dont le désarroi et la tristesse ne peuvent rester sans écho.