Le 4 octobre 2020
Dans une petite ville bulgare au bord de la route, une mère et ses deux filles fabriquent des figurines en terre cuite qu’elles vendent aux touristes. Une ambiance de néo-réalisme dans la Bulgarie contemporaine et la découverte d’une jeune actrice stupéfiante.


- Réalisateur : Svetla Tsotsorkova
- Acteurs : Ivan Sasov, Svetlana Yancheva
- Genre : Drame
- Nationalité : Bulgare, Qatarien
- Distributeur : Tamasa Distribution
- Durée : 1h37min
- Reprise: 7 octobre 2020
- Titre original : Sestra
- Date de sortie : 19 août 2020
- Festival : Festival À l’Est

L'a vu
Veut le voir
Résumé : Dans une petite ville bulgare, au bord d’une route très fréquentée, une mère (Sveltana Yancheva) et ses deux filles Rayna (Monika Naydenova) et Kamelia (Elena Zamyarkova) vivotent en fabricant et en vendant des figurines en terre cuite. La plus jeune Rayna, qui assure aussi la vente auprès des touristes s’invente un passé aussi terrible qu’extraordinaire. Sa soeur plus âgée, a une liaison avec un mécanicien voisin, rustre et un peu escroc, Milo (Assen Blatechki).
Critique : Le récit suit Rayna, adolescente butée et très imaginative qui va finir par se trouver prise à son propre jeu. Sa mère, qui n’a jamais révélé l’identité de leur père à ses deux filles, semble résignée et s’échine à faire difficilement tourner sa petite fabrique très artisanale et guère rentable. Ses deux filles, apparemment déscolarisées, lui apportent une main-d’œuvre bon marché. Leur vie de labeur, qui se passe de discours, ne pousse pas non plus aux démonstrations sentimentales. L’aînée Kamelia entretient une liaison sans éclat avec Milo, ours mal léché qui maquille des moteurs de voiture. Cette relation intrigue beaucoup Rayna qui ne va pas pouvoir s’empêcher d’y mettre son grain de sel. Ses interventions récurrentes et les histoires qu’elle invente vont finir par semer la zizanie et obliger sa mère à révéler la vérité aux deux sœurs sur leurs naissances.
La société bulgare n’est pas montrée sous un jour très flatteur : difficultés à vivre de son travail, petites combines, corruption et abus sexuels dans la police, déliquescence du système de santé...
Les touristes ne sont pas non plus ménagés : sourires un peu niais, tenues débraillées et indifférence face à une enfant qui vend sa camelote, en racontant des histoires qui défient la légalité.
La jeune comédienne Monika Naydenova, omniprésente, est tout simplement stupéfiante, dès le premier plan face caméra où le personnage qu’elle joue s’invente un épouvantable drame familial, dû au trafic de drogue. L’héroïne fascine le spectateur avec ses grands yeux bleus étonnés et sa silhouette androgyne. On va suivre ses aventures, pris entre un étonnement amusé et une crainte pour sa personne, devant la brutalité des adultes qui l’entourent.
La mise en scène de Svelta Tsorsorkova, un peu trop contemplative peut-être, ne manque pas d’un certain humour qui allège un peu la dureté du monde qu’elle nous décrit. Cette cinéaste bulgare n’en est qu’à son deuxième long métrage. On peut donc lui souhaiter une belle carrière.