Le 24 août 2020
Ce biopic de la peintre Maud Lewis est plutôt bien servi par la prestation de Sally Hawkins. Mais la mise en scène globalement terne n’est pas à la hauteur du singulier destin de cette artiste.


- Réalisateur : Aisling Walsh
- Acteurs : Ethan Hawke, Sally Hawkins, Kari Matchett, Gabrielle Rose
- Genre : Drame, Biopic, Romance
- Nationalité : Irlandais, Canadien
- Distributeur : La Belle Company
- Durée : 1h55min
- Date télé : 24 août 2020 13:35
- Chaîne : Arte
- Date de sortie : 16 janvier 2018

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Résumé : Une femme travaille en tant que femme de ménage jusqu’à ce que ses peintures soient reconnues et qu’elle devienne célèbre.
Critique : Biopic consacré à la peintre folklorique canadienne Maud Lewis, brillante représentante de l’art naïf, ce film d’une facture classique est mis en valeur par la performance de Sally Hawkins. La comédienne parvient à incarner le corps souffreteux de l’artiste au destin singulier, précocement atteinte d’une polyarthrite qui la fait marcher de travers, mais elle sait surtout restituer la densité d’une persévérante, en chemin vers une émancipation coïncidant avec la peinture.
Infantilisée par sa tante et son frère (celui-ci a vendu la maison familiale sans la prévenir), Maud saisit l’opportunité d’une petite annonce laissée par un vendeur de poissons, qui gagne aussi sa vie en monnayant du bois de chaufffage. Ce dernier cherche une femme de ménage pour entretenir sa minuscule maison, livrée aux quatre vents.
Entre l’homme fruste, aux réactions impulsives, et la jeune femme incomprise de son entourage, pourtant résolue à accomplir son destin, va se nouer une relation à bien des égards insolite. Les deux êtres s’apprivoisent dans un grandiose environnement, celui de la Nouvelle-Ecosse, magnifiée par la photographie (même si le tournage eut en fait lieu à Terre-Neuve). Peu à peu, le talent artistique de Maud Lewis s’épanouit à travers des tableaux qu’elle peint, au rythme d’un par jour, exploitant tous les supports possibles, alors même que le logis prend les couleurs de son imagination. La notoriété grandissante de la créatrice n’infléchit pas le mode de vie du couple, qui se contente toujours d’une maison exiguë.
De cet itinéraire exceptionnel, le film ne conserve que quelques traits saillants (la ruée des médias, les visiteurs qui se pressent, l’embarras d’Everett éclipsé par sa femme), tandis que les dialogues, versant dans une forme de sentimentalité facile, déséquilibrent la part prise par chacun à travers ce parcours, qui fut d’abord l’alliance très sûre de personnes a priori dissemblables. Lorsque Maud tente vainement d’enseigner les joies de la paréidolie à son mari devenu atone, on se dit que l’existence de ces deux-là est absorbée par un cahier des charges, qui suppose son habituelle dose de scènes pathétiques. Dommage pour l’artiste. : elle méritait mieux qu’un hommage convenu, au rythme lent d’un téléfilm sans surprise.