Le 21 novembre 2024
Une histoire pétillante qui met en lumière un trio de comédiennes au talent exceptionnel.


- Réalisateur : Theodore Melfi
- Acteurs : Kirsten Dunst, Kevin Costner, Octavia Spencer, Jim Parsons, Taraji P. Henson, Aldis Hodge, Mahershala Ali, Janelle Monae
- Genre : Drame, Biopic
- Nationalité : Américain
- Distributeur : Twentieth Century Fox France
- Durée : 2h06mn
- Date télé : 11 décembre 2024 22:58
- Chaîne : C Star
- Titre original : Hidden Figures
- Date de sortie : 8 mars 2017

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Résumé : Le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn. Elles furent maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et dans celle d’un pays en proie à de profondes inégalités. Leur histoire longtemps restée méconnue est enfin portée à l’écran.
Critique : Dans les années 50, Katherine a dix ans et est une élève modèle capable de résoudre un problème mathématique en quelques secondes. Elle est promise à un brillant avenir, mais elle est noire et vit dans un État ségrégationniste du sud des États-Unis. Au prix d’un parcours semé d’embûches, elle réussira cependant à mettre ses capacités au service de son pays et marquer l’histoire spatiale de son empreinte. Car dans cette Amérique de Kennedy, la guerre fait rage entre Russes et Américains pour la conquête de l’espace. Gagarine a déjà effectué son premier vol. Furieux, les Américains doivent mettre les bouchées doubles. Des ingénieurs, tous blancs et bien persuadés de leur suprématie, travaillent d’arrache-pied. Quand trois femmes afro-américaines mathématiciennes hors-pair débarquent à la NASA pour les soutenir dans leurs travaux, l’accueil est plus que froid pour ne pas dire méprisant. À force de courage et de persévérance, elles parviendront à s’illustrer dans un monde dominé par les préjugés raciaux et sexistes. Leur génie passé sous silence n’aura pas été vain puisque Katherine Johnson participera au programme de lancement d’Apollo 11, Dorothy Vaughan sera la première femme à maitriser l’informatique et enfin Mary Jackson se battra pour devenir ingénieur, alors que les études étaient interdites aux femmes noires.
- Copyright Twentieth Century Fox
Si le sujet du racisme ordinaire dans ces années ségrégationnistes américaines a déjà été maintes fois abordé et si la réalisation classique adoptée par Théodore Melfi (Saint-Vincent avec Bill Murray) ne laisse aucune place à la fantaisie, l’histoire de ces combattantes demeure une aventure universellement forte que l’on suit avec intérêt, en particulier grâce au dynamisme de ces trois femmes fières et admirables qui surmontent tous les obstacles avec humour et détachement. Malgré la gravité des propos, on rit avec elle des situations absurdes qui leur sont imposées comme celle qui les oblige à parcourir presque un killomètre (et donc à perdre un précieux temps qu’elle ne consacre pas à leur travail) pour atteindre les toilettes réservées aux « personnes de couleur », aberration que le beau Kevin Costner abolira d’un geste généreux en détruisant l’enseigne et en déclarant que « l’on pisse tous de la même couleur ».
- Copyright Twentieth Century Fox
Soucieux d’exploiter au maximum la corde des bons sentiments, le réalisateur s’attarde sur le développement des vies personnelles de ses héroïnes, créant quelques longueurs inutiles. S’en tenir au déroulement de leur belle amitié dans ce circuit fermé de la NASA aurait donné une plus forte cohérence au récit. Nous accorder la possibilité de découvrir les rouages de cet univers top secret de la conquête spatiale constitue l’un des intérêts essentiels du film.
De plus, cette incursion dans la NASA cristallise tous les changements de l’évolution d’une Amérique alors généreuse et en pleine mutation : avancée des droits civiques, arrivée de l’ère numérique, progrès scientifiques.
- Copyright Twentieth Century Fox
S’il ne révolutionne pas le genre, les figures de l’ombre est avant tout un hymne à l’intelligence et à la persévérance grâce à la qualité de sa distribution, à commencer par les trois comédiennes principales (Octavia Spencer, Taraji P. Henson, Janelle Monae). Leur interprétation, à mi-chemin entre drôlerie et gravité, nous rend attachants ces personnages déterminés à ne pas se laisser abattre. De plus, leurs tenues vestimentaires toujours magnifiques nous renvoient directement à l’élégance de ces années-là et participent grandement à leur quête de reconnaissance. Le toujours charismatique Kevin Costner, convaincant en chef de groupe prêt à voler au secours de ces dames, n’est pas en reste.