Le 10 juillet 2020
Une grande bourgeoise mexicaine des années 80 voit son monde basculer lors de la dévaluation de la monnaie. Le film documente le désenchantement discret de la bourgeoisie mexicaine. Une belle composition de l’actrice Ilse Savas, dans une réalisation qui rate sa cible sociale.


- Réalisateur : Alejandra Marquez Abella
- Acteurs : Ilse Salas, Cassandra Ciangherotti, Paulina Gaitán
- Genre : Drame
- Nationalité : Mexicain
- Distributeur : UFO Distribution
- Durée : 1h39min
- Titre original : Las niñas bien
- Date de sortie : 9 septembre 2018

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Résumé : Début des années 80 : Sofia (Ilse Salvas), trois enfants, mariée avec un riche héritier (Flavio Medina), est une grande bourgeoise de la bonne société mexicaine. Son existence se partage entre soirées mondaines, courts de tennis, grands magasins, et fêtes d’anniversaire des enfants de l’une ou l’autre de ses amies, qui vivent comme elle dans un monde en vase clos. La dévaluation de la monnaie mexicaine va faire basculer son univers.
Critique : Le film se concentre sur le personnage de Sofia, femme du monde artificielle, malaimable et creuse. C’est probablement le problème de ce long métrage qui, par ailleurs, ne manque pas de bonnes idées.
On ne parvient pas à compatir à la vie de cette grande et belle bourgeoise, qui ne s’intéresse qu’aux apparences : on évoquera les détails de sa fête d’anniversaire où il ne manque que Julio Iglesias (!), une nouvelle tenue, des conversations insipides avec ses amies, qui tiennent du potinage...
Et puis, arrive la crise financière qui va marquer le début de la chute, par de menus indices : une carte bancaire qui ne passe plus, un pot de crème pour le visage presque vide, une domestique qui se plaint du retard de salaire, les amies qui se permettent quelques sous-entendus...
La réalisation ne lâche pas son héroïne, privilégiant de nombreuses scènes où le personnage se trouve devant son miroir, essaie une nouvelle robe, reste à ne rien faire dans son divan, ne parvient pas à prendre la mesure du drame social qui est affleure. L’intérêt que Sofia porte au monde ne dépasse pas les beaux quartiers. L’héroïne évolue dans un monde creux et inculte, elle n’aime pas vraiment son mari et se désintéresse de ses enfants : à se demander pourquoi elle défend ce statut ennuyeux, bec et ongles !
Ilse Salvas porte le film sur ses épaules. Elle est impressionnante de dédain et de froideur dans ses robes impeccables, à une époque où l’on les rembourrait avec des épaulettes !