Le 10 septembre 2020
Une comédie bon enfant, à l’humour lourdement trash et au scénario ubuesque.


- Réalisateur : Maxime Govare
- Acteurs : Vincent Elbaz, Bernard Le Coq, Grégory Fitoussi, Laurence Arné, Jean-François Cayrey
- Genre : Comédie
- Nationalité : Français
- Distributeur : Universal Pictures France
- Durée : 1h37mn
- Date télé : 6 octobre 2024 23:05
- Chaîne : W9
- Date de sortie : 1er novembre 2017

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Résumé : Adrien, 40 ans et totalement immature, se fait larguer par Maude, 35 ans, désireuse d’enfin fonder une famille. Pour tenter de reconquérir l’amour de sa vie, Adrien décide de monter dans le futur ex-appartement conjugal : une crèche à domicile… Le début, d’une improbable expérience éducative...
Critique : Si le titre ne manquera pas d’évoquer à certains le célèbre tube du groupe Boney M, il ne s’agit en aucun cas d’un film musical. Ce « papa branché » n’est que le fil conducteur d’une méthode d’éducation (qu’il n’est pas interdit de juger contestable) prônée par un quadragénaire qui a bien du mal à s’assumer lui-même.
Après avoir constaté les difficultés des jeunes parents à trouver une place en crèche, Maxime Govare choisit pour son deuxième film (après Toute première fois coréalisé avec Noémie Saglio) de tracer le portrait d’un éternel insouciant qui, bien que n’ayant jamais eu le moindre contact avec de tout jeunes enfants, décide de créer une structure pour les accueillir. Un prétexte pour le réalisateur de s’essayer à la comédie romantique sauce américaine qui finit par verser dans la farce scatologique, malgré un casting de bon aloi.
- Copyright Jean-Claude Lother Universal Picture International France
Adrien et Maud vivent ensemble depuis dix ans. Elle est passionnée de dessin, lui de musique. S’ils ont mené jusqu’à présent une vie bohème, Maud souhaite désormais fonder une famille. Sa carrière a pris une tournure professionnelle. Elle est soumise à la pression de son éditrice (la pétillante Axelle Laffont) à qui elle doit, coûte que coûte, remettre un album de BD par an. L’heure est donc à la vie rangée et sérieuse. Pendant ce temps-là, Adrien, plus insouciant que jamais, continue de mener une existence de post-adolescent et finit par perdre le magasin de disques dont il assurait la gérance en dilettante. C’en est trop pour Maud qui décide de le quitter et pousse ainsi Adrien à prouver que lui aussi est capable d’initiative en créant cette crèche à domicile.
- Copyright Jean-Claude Lother Universal Picture International France
Malgré quelques situations prévisibles, le couple Vincent Elbaz/Laurence Arné fonctionne plutôt bien. Cette grande carcasse dégingandée qu’il traîne avec nonchalance opposée à la fraîcheur et à l’élégance de sa compagne, leurs métiers artistiques finalement fédérateurs, l’attention qu’ils continuent à se porter, crédibilisent leurs personnages soutenus par des dialogues vifs et souvent justes. Entourés de seconds rôles porteurs d’une sagesse toujours sympathique et jamais moralisatrice à l’image d’un Bernard Le Coq oscillant avec juste mesure entre zénitude bienveillante et bon sens patelin, ou d’un Michel Leeb qui contribue à apporter une note d’émotion, malencontreusement ternie par quelques grivoiseries pas vraiment nécessaires, ils évoluent avec aisance dans ce récit pimenté d’un vague relent de vaudeville dont le plus bel avantage est de nous faire profiter de la prestation pince-sans-rire de Grégory Fitoussi transformé pour l’occasion en amant psychorigide.
- Copyright Jean-Claude Lother Universal Picture International France
Jusque là, on se satisfait de cette comédie populaire certes facile mais agréable. Mais voilà que débarquent cinq bambins qui, bien malgré eux, vont détruire la belle idée de départ. Certes leurs jolies frimousses, leurs facéties et leur spontanéité naturelle donnent lieu à des scènes charmantes, dont celle du spectacle organisé au son du fameux Daddy cool ; mais l’accumulation de séquences caricaturales et de gags qui tombent à plat nous font insidieusement glisser vers un galimatias sans intérêt. Le choix répétitif de ne réduire ces enfants qu’à des tubes digestifs producteurs de déjections malodorantes et intempestives n’arrange rien. Sans doute est-ce pour les mettre au niveau de leur pseudo-éducateur qui jure tant et plus devant eux et qui, au retour d’une beuverie, urine « par hasard » sur le lit où dort sa compagne.
La vulgarité, servie avec parcimonie, peut déclencher le rire. Utilisée à outrance, elle ne laisse qu’une désagréable impression de gâchis. C’est bien le cas de cette comédie dont on espérait mieux.