La dernière séance
Le 15 octobre 2023
Une incursion mineure de Douglas Sirk, le prince du mélodrame, dans l’univers de la comédie. Satire sociale un brin désuète, l’œuvre n’est pas sans évoquer la trame de certains Capra.


- Réalisateur : Douglas Sirk
- Acteurs : Rock Hudson, William Reynolds, Piper Laurie, Charles Coburn, Skip Homeier, Larry Gates, Gigi Perreau, Lynn Bari, Gloria Holden, Frank Ferguson
- Genre : Comédie
- Nationalité : Américain
- Distributeur : Cinémas Associés
- Editeur vidéo : Carlotta Films
- Durée : 1h29mn
- Titre original : Has Anybody Seen My Gal?
- Date de sortie : 15 septembre 1973
- Plus d'informations : Cinémathèque de Nice
- Festival : Cinémathèque de Nice

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– Année de production : 1952
Résumé : Samuel Fulton, vieux milliardaire excentrique, n’a ni héritier ni famille à qui transmettre sa fortune. Il décide de léguer ses biens aux descendants de Millicent, son premier amour, et leur rend visite incognito pour juger s’ils sont dignes de cet héritage...
Critique : Cinéaste allemand émigré à Hollywood, Douglas Sirk n’est pas encore le génial auteur de Mirage de la vie lorsqu’il signe cette commande de studio, aimable comédie familiale sur le thème éculé de « l’argent ne fait pas le bonheur », argument déjà traité de main de maître par Frank Capra ou Gregory La Cava. Le générique, élégant, laisse présager une mise en scène éblouissante ce qui n’est qu’à moitié le cas. Le scénario et les dialogues, très boulevardiers, suscitent plusieurs sourires et le numéro histrionique du tonitruant Charles Coburn compense la fadeur de certains seconds rôles dont Rock Hudson, alors à ses débuts. Situé dans les années 20, en pleine prohibition, le récit est prétexte à plusieurs passages savoureux dont une descente de police dans deux tripots ou une cérémonie de fiançailles guindée perturbée par des imprévus sentimentaux et financiers. Douglas Sirk semble plutôt à l’aise dans cet univers rose bonbon, mais force est de reconnaître que l’œuvre n’a pas la puissance de ses drames baroques pré-fassbinderiens, qui de All I desire à Écrit sur du vent traduiront à merveille les névroses de la société américaine.
– Sortie États-Unis : 25 juin 1952
– Sortie France : 13 septembre 1973