Le 14 mai 2022
Du cinéma populaire, qui n’évite pas le manichéisme. La mise en scène, très académique, est tout juste rattrapée par un duo d’acteurs attachants.


- Réalisateur : Pierre Granier-Deferre
- Acteurs : Lino Ventura, Claude Rich, Françoise Brion, Patrick Dewaere, Victor Lanoux, Julien Guiomar, Pierre Tornade, Claude Brosset, Ève Francis, Pierre Londiche, Jacques Rispal, Michel Peyrelon
- Genre : Policier / Polar / Film noir / Thriller / Film de gangsters
- Nationalité : Français
- Distributeur : Compagnie Commerciale Française Cinématographique (CCFC)
- Editeur vidéo : TF1 Vidéo
- Durée : 1h31mn
- Date télé : 25 mars 2025 21:00
- Chaîne : Paris Première
- Date de sortie : 10 décembre 1975

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Résumé : Un candidat républicain, Lardette, défend l’ordre et la morale. Ses hommes de main attaquent des colleurs d’affiches de gauche. L’un d’eux meurt. Le commissaire Verjeat et l’inspecteur Lefèvre mènent l’enquête, avec des méthodes qui déplaisent fortement à Lardette.
Critique : Adieu poulet s’inscrit dans la mouvance des films politiques de Boisset, avec qui Dewaere tournera d’ailleurs en 1977 le peu subtil Juge Fayard : tout est peint à gros traits, avec des méchants hommes politiques, pourris jusqu’à l’os par l’immoralité et des flics globalement vertueux, qui sont là pour sauver l’honneur de la République, même si le plus jeune d’entre eux, joué par Dewaere, est un chien fou, qui agit parfois hors des frontières de la légalité. Rien de bien méchant toutefois, il est gentiment remis à sa place par le commissaire expérimenté et plutôt blasé, que sa hiérarchie s’acharne à contrecarrer, parce qu’il met la main sur des convergences d’intérêt, où des notables sont prêts à s’allier avec la pègre.
La configuration n’est pas nouvelle, on a l’impression d’avoir vu cent fois une telle fiction, qui fonctionne largement sur le schéma du buddy movie. A ce titre seulement, Adieu poulet parvient à retenir l’attention, même si Ventura la joue façon paternaliste et que Dewaere fait finalement ce qu’on attend de lui : le jeune acteur de la nouvelle génération attend de tout bouffer sur son passage, mais compose un inspecteur finalement très attaché à la transmission, attentif à ce que dit son aîné. Entre l’ancienne et la nouvelle vague, on trouve des comédiens dont la position est intermédiaire, ces seconds rôles attachants qui jouent des personnages stéréotypés, transférables dans n’importe quelle fiction de la qualité française : Claude Rich incarne un juge inflexible, Pierre Tornade un flic pusillanime à qui on peut refiler un dossier brûlant, vu qu’il n’en fera rien, Victor Lanoux un politique véreux, qu’aurait pu incarner Marielle, aperçu la même année dans le rôle d’un député malhonnête. Bref, c’est du cinéma de papa tranquille, un divertissement du dimanche à la bonne franquette.