L’Échange
Le 6 février 2015
Le réalisateur des "Citronniers" signe un film doux amer pointant la discrimination perpétuelle des Arabes israéliens. Une histoire cruelle qui pèche toutefois par sa mise en scène.


- Acteurs : Yaël Abecassis, Michael Moshonov, Ali Suliman, Tawfeek Barhom
- Genre : Drame, Comédie dramatique, Mélodrame
- Nationalité : Israélien
- Durée : 01h44mn
- Titre original : Dancing Arabs
- Date de sortie : 11 février 2015

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Le réalisateur des « Citronniers » signe un film doux amer pointant la discrimination perpétuelle des Arabes israéliens. Une histoire cruelle qui pèche toutefois par se mise en scène.
L’argument : Iyad a grandi dans une ville arabe en Israël. À 16 ans, il intègre un prestigieux internat juif à Jérusalem. Il est le premier et seul Arabe à y être admis. Il est progressivement accepté par ses camarades mais n’a qu’un véritable ami, Yonatan, un garçon atteint d’une maladie héréditaire. Iyad se rapproche de la famille de ce dernier, apportant du courage et de la force à sa mère Edna. Il devient vite le deuxième fils de la famille...
Notre avis : Ce n’est pas la première fois qu’Eran Riklis cherche à montrer ceux que les Israéliens préfèrent ne pas voir. Dans Les Citronniers - son film le mieux reçu en France à ce jour -, le cinéaste israélien évoquait ainsi l’opiniâtreté d’une palestinienne s’opposant à un ministre décidé à faire couper tous ses citronniers centenaires. Un film à la Erin Brockovich que la presse israélienne avait alors perçu comme une provocation. Avec Mon Fils, Riklis se refuse une nouvelle fois à tout consensus en optant pour la peinture du quotidien des Arabes d’Israël, acceptés au sein de la population juive mais néanmoins souvent victimes d’exclusion. Le film, tiré de deux romans de Sayed Kashua (Les arabes dansent aussi et La Deuxième Personne) raconte l’histoire d’Iyad, un jeune Arabe issu du « Triangle », à l’ouest de la Cisjordanie. Bientôt accepté dans l’un des plus prestigieux internats d’Israël, celui-ci va malgré lui utiliser un levier inattendu et tragique pour réussir son intégration sociale.
En dépit d’un certain manque de mise en scène, Mon Fils dévoile avec habileté la ségrégation perpétuelle dont sont victimes les populations arabophones d’Israël. L’occasion notamment de révéler, dans une des meilleures séquences, combien les personnages arabes présents dans les romans israéliens ne sont souvent que d’horribles caricatures, et ce même sous la plume d’Amos Oz dans Mon Michaël. Si l’on pourra reprocher au film un certain pathos et quelques mimiques un poil trop "sitcom" - dans la partie romance du film, surtout -, reste qu’Eran Riklis apporte un témoignage intéressant en pointant l’échec de la coexistence judéo-arabe.
À noter que le long métrage vaut aussi, dans une autre mesure, pour sa bande originale aux accents rock 80’s - l’intrigue se déroule de 1982 (guerre du Liban) aux années 1990 (guerre du Golfe). Outre quelques grands classiques comme Joy Division, Mon Fils fait découvrir des musiciens comme Yossi Elephant, Rami Fortis, ou encore des groupes comme Top Hat Carriers. Autant de groupes israéliens qui méritent le détour.
© Pyramide Distribution