Le 5 août 2016


- Scénariste : Lin Ying>
- Dessinateur : Lin Ying
- Genre : Historique
- Editeur : Urban China
- Famille : Manga
- Date de sortie : 3 juin 2016
- Durée : 1
Mei Lanfang, une vie à l’opéra de Pékin nous raconte la vie de Mei Lanfang, un virtuose de la première moitié du vingtième siècle qui marqua l’histoire de l’opéra de Pékin...
Lin Ying est passionnée par son sujet et elle a pris ce récit à bras-le-corps au dessin comme au scénario pour nous donner une approche de la vie de ce personnage historique mais aussi de son époque.
Le récit débute en 1904 et nous montre une grande figure de l’opéra en représentation devant l’impératrice douairière. Petit à petit, de personnage en personnage, nous arrivons au protagoniste, Mei Lanfang, âgé alors d’une dizaine d’années.
Ce premier tome (d’une série qui en comptera cinq) s’attarde sur les premiers pas de Mei dans sa préparation et dans son entraînement avec son oncle mais aussi sur ses premières représentations. Autour de lui gravitent deux jeunes amis, Huixin et Daxi, aussi en formation pour devenir artiste de l’opéra de Pékin. Huixin est ambitieux et talentueux, Daxi semble plutôt le bon copain. Quant à Mei, il rêve de devenir un véritable artiste accompli d’opéra mais va prendre conscience des réalités nécessaires pour atteindre le succès.
Le récit coule simplement, tellement simplement que, selon nous, il manque d’enjeux et d’obstacles. Si Mei se retrouve tiraillé entre ses amis qui l’invitent à profiter de la vie et le travail rude et exigeant que demande son maître, il parvient à osciller entre les deux sans trop de conséquences.
De même, on ne sent pas de tension émotionnelle dans sa formation, sur les planches ou ailleurs. Le récit semble nous prendre à témoin d’une vie, avec ses hauts et ses bas, sans parvenir à nous impliquer vraiment. Les représentations d’opéra en sont, à nos yeux, un exemple. Elles nous donnent un aperçu, mais alors même que la représentation se fait dans des circonstances exceptionnelles, tendues, tout se déroule très vite et on reste à l’extérieur.
un décor posé qui disparaît dans les cases suivantes, pour se recentrer sur les personnages ou l’art discret de Lin ying
Ce n’est pas faute de très beaux graphismes. Il n’est qu’à voir le soin apporté aux tenues, aux décors, aux regards des personnages (même si parfois il est difficile de différencier certains d’entre eux), aux têtes de chapitres, magnifiques crayonnés donnant une pleine vision du talent de l’auteur.
Si le style rappelle un peu le manga japonais, le cadrage reste très posé et s’éloigne volontairement de l’exubérance nippone. Ce qui donne un rythme très calme au déroulement des événements. Une narration uniforme que ne vient interrompre ni accélération ni ralentissement. Aucune déstructuration, nous suivons la vie de Mei comme elle se déroule.
La BD se finit avec un beau cahier présentant des personnalités de l’opéra de Pékin mais aussi quelques informations utiles sur les rôles classiques et la musique de cet art si particulier. Un cahier qui aurait gagné à être placé en début de lecture, afin de préparer justement une meilleure immersion dans cet univers.
Cette BD historique nous présente la vie de Mei Lanfang, en toute beauté, dans un calme rappelant la chute d’une feuille dans la brise du printemps. Un choix curieux au premier abord mais finalement, la vie ne se dérobe-t-elle pas simplement comme une feuille emportée par le vent ?
192 pages - 15€