Le 21 mai 2012

- Réalisateur : Abbas Kiarostami
- Acteurs : Ryō Kase, Tadashi Okuno, Rin Takanashi
- Genre : Drame
- Nationalité : Français, Japonais
- Durée : 1h49mn
- Festival : Festival de Cannes 2012
Trois ans après le prix d’interprétation glané pour Copie conforme, Abbas Kiarostami revient sur la Croisette et troque l’Italie pour le Japon.
L’argument : De nos jours dans une grande ville du Japon. Un vieil universitaire très érudit, garant des traditions ; une jeune et séduisante étudiante, qui doit vendre ses charmes pour payer ses études ; un jeune homme jaloux, dont la violence ne demande qu’à exploser : entre ces trois-là, se nouent en une journée des relations inattendues, qui changeront leurs vies à jamais.
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Notre avis : Après l’expérience franco-italienne de Copie conforme, Abbas Kiarostami s’intègre avec cohérence à un univers japonais dont il semble a priori éloigné. Bel objet énigmatique en dépit d’une limpidité linéaire, le film retrouve le style de sa période iranienne : dialogues en plans-séquences, découpage en quelques parties savamment charpentées et plans fixes pour des scènes d’échanges verbaux dans des automobiles restent au service du minimalisme des moyens et d’une volonté de scruter au plus près des personnages à la fois familiers et sophistiqués. On est frappé par le soin apporté à la photographie et des décors cossus qui tranchent avec le naturalisme de ses œuvres les plus connues. Certains en déduiront à tort que Kiarostami s’embourgeoise et sombre dans l’esthétisme abscons, quand il ne s’agit que d’un renouvellement de son inspiration. Loin d’être un égarement dans sa filmographie Like someone in love enrichit la palette d’un cinéaste qui mériterait un prix du Jury pour son aptitude à briller là où on ne l’attendait pas.
Gérard Crespo
Notes : Abbas Kiarostami est ce qu’on appelle un habitué de la Croisette. Son petit dernier, Like someone in love, est le cinquième film qu’il présente en compétition officielle, quinze ans après sa Palme d’or pour Le goût de la cerise (1997). Très reconnu et respecté dans la profession, le vénérable cinéaste iranien (71 ans) s’arroge quand même le droit de surprendre son public. Avec Like someone in love, il orchestre la ronde de trois cœurs esseulés au rythme du standard jazz d’Ella Fitzgerald (qui donne son titre au film), dans une inattendue mégalopole asiatique. Après la Toscane de Copie conforme, l’auteur de Ten et de Close-up poursuit son tour du monde et plante ses caméras au Japon, avec des comédiens du cru : on y retrouvera notamment Ryo Kase, vu chez Kitano (Outrage) et Gus Van Sant (Restless). Ces comédiens que Kiarostami chérit, lui qui permit à notre Juliette Binoche nationale de décrocher son premier prix d’interprétation cannois en 2010, avec (toujours) Copie conforme.
Frédéric de Vençay