Les Schtroumpfs au cinéma : la revanche de Gargamel
Le 26 décembre 2020
Peu fidèle à l’esprit de la bande dessinée dont il s’inspire, ce divertissement enfantin peinera à séduire les adultes, mais s’en tire grâce à la performance burlesque de Hank Azaria.


- Réalisateur : Raja Gosnell
- Acteurs : Sofia Vergara, Hank Azaria, Jayma Mays, Neil Patrick Harris
- Genre : Animation, Film pour enfants, 3D
- Nationalité : Américain
- Distributeur : Sony Pictures Releasing France
- Durée : 1h44mn
- Date télé : 26 décembre 2020 20:40
- Chaîne : OCS Max
- Box-office : 2.777.800 entrées France / 394.522 entrées P.P.
- Titre original : The Smurfs
- Date de sortie : 3 août 2011

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Résumé : Chassés de leur village par Gargamel, le méchant sorcier, les Schtroumpfs se retrouvent au beau milieu de Central Park à travers un portail magique. Pas plus hauts que trois pommes, perdus dans la Grosse Pomme, ils vont devoir trouver d’urgence comment rentrer chez eux, avant que leur pire ennemi ne les attrape...
Critique : On avait tout à redouter d’une adaptation des Schtroumpfs. Difficile, pour commencer, de recourir aux images de synthèse ou à la 3D sans trahir l’esprit d’un modèle qui doit principalement son charme à son minimalisme et à son goût revendiqué pour une imagerie bucolique et champêtre. Plus périlleuse encore, l’idée de troquer l’utopie communautaire des petits bonhommes bleus contre une intrigue située dans les rues assourdissantes de New-York. Et force est de reconnaître que le film souffre, à bien des égards, de ces partis pris, reflets d’une stratégie commerciale mal dissimulée qui cherche à embrasser un public large au moyen de références constantes à la modernité. Les adultes, supposés se reconnaître dans les deux protagonistes et partager leurs hésitations (Grace est enceinte, Patrick n’est pas tout à fait prêt à assumer ses responsabilités parentales), pourront aussi s’irriter d’un éloge lourdement appuyé des valeurs familiales. Ils s’amuseront davantage, comme les enfants, des quelques virées spectaculaires dans les rues de New York ou de la peinture gentiment ironique du milieu des cosmétiques (le personnage d’Odile, haut en couleurs). Mais le recours à la 3D, trop artificiel, gâche vraiment le plaisir qu’on aurait pu prendre au long-métrage.
© 2011 Sony Pictures Releasing. Tous droits réservés.
Les différents personnages imaginés par Peyo s’accommodent assez mal d’un traitement "réaliste" et de l’effort constant des auteurs pour les rendre "plus vrais que nature". Le film a en outre la mauvaise idée de surfer sur le phénomène Harry Potter pour proposer à tout va son lot de mauvais sorts et d’effets spéciaux tonitruants qui fatiguent l’oreille du spectateur davantage qu’ils ne retiennent son attention. Bref, en dépit de quelques clins d’œil amusants (les Schtroumpfs savent qu’ils ont été créés de toute pièce par un auteur belge), l’ensemble manque de crédibilité.
En raison de tous ces défauts, Les Schtroumpfs se regardera comme un divertissement pour enfants, agréable mais trop soucieux de sacrifier à son attirail d’effets tapageurs la simplicité de son modèle. Il réserve néanmoins quelques surprises, parmi lesquelles la performance d’Hank Azaria est à souligner. Bien sûr, l’acteur ne fait pas dans la dentelle, et l’on ne sait pas trop s’il est à plaindre ou s’il se prend avec plaisir au jeu du très méchant Gargamel. Mais le décalage entre son personnage rustique et la civilisation occasionne plusieurs gags franchement drôles, grâce à son don prononcé pour les mimiques et les grimaces qui rappellera curieusement la veine des Visiteurs. Sous les bons auspices de l’acteur, ce vague projet d’adaptation prend alors les allures d’une comédie grossière mais amusante, belle occasion de dérider le spectateur noyé jusque-là dans un débordement d’effets visuels.
© 2011 Sony Pictures Releasing. Tous droits réservés.