Les prisonniers du désert
Le 23 novembre 2020
Un western qui vire au mélo et s’embourbe dans des clichés courus d’avance.


- Réalisateur : Ron Howard
- Acteurs : Tommy Lee Jones, Cate Blanchett, Evan Rachel Wood, Eric Schweig, Aaron Eckhart, Jack Kilmer
- Genre : Aventures, Western
- Nationalité : Américain
- Distributeur : Gaumont Columbia Tristar Films
- Editeur vidéo : Gaumont/Columbia/Tristar Home Video
- Durée : 2h17mn
- Date télé : 12 octobre 2024 22:45
- Chaîne : TCM Cinéma
- Titre original : The Missing
- Date de sortie : 17 mars 2004

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Résumé : Au cœur de l’Ouest sauvage, Maggie tient une modeste ferme en élevant ses deux filles. Lorsque son père resurgit après vingt ans d’absence, elle a de la peine. Lorsque sa fille aînée est kidnappée par les Indiens, elle a la haine.
Critique : : Après son dernier Homme d’exception, Ron Howard s’essaye au western (genre décidément en plein revival) en empruntant toutes les figures récurrentes du genre (la quête rédemptrice, les blessures du passé, le bien contre le mal, opposition homme et nature). Oui mais voilà : la prédilection du réalisateur pour le divertissement sage et académique empêche le film d’atteindre une dimension réellement corrosive. À défaut de court-circuiter les conventions comme on aurait pu l’espérer, le réalisateur oublie son sujet et vire trop rapidement au mélo, embourbé dans des clichés courus d’avance. L’ensemble se regarde sans ennui mais disons-le d’emblée : on a vu des défis plus passionnants et des westerns bien plus sobres.
Flirtant avec le succédané qui tape ostensiblement à l’œil du spectateur, le film ne cherche pas la concurrence ni même l’hommage pompeux au cinéma de John Ford (on pense beaucoup à La prisonnière du désert) mais prétend juste divertir. C’est une fonction honorable dont on aurait pu se contenter si cette histoire ne se muait pas aussi rapidement en un cirque lacrymal où les bons sentiments gnangnan transpirent de partout. Pareillement, le cinéaste essaye d’annuler le clivage manichéen qui consiste à opposer les gentils bons et les méchants vilains mais il échoue tant ses ambitions ("on montre des Indiens très méchants mais on suggère aussi quand même que tous les Indiens ne sont pas des salauds") sont démonstrativement martelées. Les magnifiques paysages du Nouveau-Mexique, le soin apporté à la reconstitution et l’interprétation solide (de la fiévreuse Cate Blanchett à la prometteuse Evan Rachel Wood en passant par Tommy Lee Jones qui réussit à rendre crédible et touchant un personnage de faux Indien parfaitement indigeste) sont certes de sérieux atouts mais question nouveau western, on est en droit de préférer le classicisme jubilatoire de Open Range ou les audaces chamaniques de Blueberry...